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12 septembre 2015 6 12 /09 /septembre /2015 05:33
Courrir en attendant....

Il fait frais maintenant, plus rien à voir avec la fraîcheur matinale de l’été qui s’estompait aux premiers rayons du soleil, non, une fraîcheur persistante qui rosie les jambes dénudées. Mais on y va quand même, le footing permet de se régénérer, se laver de l’interminable brouhaha qui ne faiblit pas dans ma tête. Je démarre lentement, passe devant le groupe de sdf qui traîne dans le petit parc de l’école de musique. Comme chaque dimanche , j’ai droit à un « on vient pas avec toi aujourd’hui ! on s’ra en retard, pé… ! »( et ça c’est avant de boire…)

Pourquoi ça se bouscule comme ça dans ma tête ? Moi qui suis toujours à la recherche du constant , je dois commencer par trouver le calme, c’est la première condition : trouver le calme pour ne pas être soumis aux exigences de l’extérieur..

Avec tout ça , j’ai oublié de traverser le boulevard, zut… je longe la Loire.

Spectacle extraordinaire le matin quand le soleil tente de percer derrière un voile de brume. Des hérons prennent leurs envols, silencieux, fuselage parfait, à peine un bruissement d’aile qui fait frémir la surface de l’eau.

Tiens, cela fait longtemps que Anne ne vient plus avec moi, nous avons des rythmes différents mais sans elle, je n’aurais jamais commencer..

Le pont Tabarly, avec ses haubans d’acier blanc, s’ouvre sur l’île de Nantes . Il faut toujours que je m’y arrête, besoin de remonter du regard le fleuve. Quand on pense que plus haut, au Mont Gerbier de Jonc , la source coule en maigre filet . Toujours remonter à la source, c’est comme cela qu’on peut estimer le travail fournie. Mais le travail fournie, l’expérience , ne sont que des lumières pour éclairer le chemin à parcourir, en aucun cas se dire qu’on en restera là ; la vie, comme le courant, ne s’interrompt jamais.

Bon avec tout ça, j’ai raté le Parc du Capra… ce sera pour dimanche prochain. Je continue à longer sur l’autre rive . Voir les choses d’un autre point de vue, d’une autre rive, de l’autre côté. Et si mon bouquin ne marchait pas ?

Frédo me dit qu’il est plus facile de justifier un échec que d’assumer une réussite. Le succès, on y pense, comme ça dans l’absolu . Mais assumer les sourires comme les critiques est mal aisé. On postule et on passe à côté de la réalité, toujours.Justifier un échec me fait penser à ces économistes qui viennent au Jt : ils nous expliquent pour quoi on est dans la crise mais ne viennent jamais nous expliquer avant , comment ne pas être dans la crise.

Je passe le pont du Chu, je regarde les fenêtres des chambres allumées, combien de drames par jour dans se jouent dans ces couloirs ? Je suis heureux ,moi, de pouvoir tenir sur deux jambes, voir la Loire s’éveiller, là-bas, il y a certainement des braves gens qui n’ont jamais fait de mal à personne et attendent que la vie se termine, ils se demandent ce qu’a été cette vie, que tout est allé trop vite finalement, et que cette dernière bataille, ils vont forcément la perdre

Tiens c’est comme ce jeune qui s’est noyé dans l’Erdre et qu’on a retrouvé un matin dans l’écluse. J’ai du mal à grimper les escalier qui enjambe l’écluse, et je pense à lui à chaque fois.

Bon , ne pas se déconcentrer, on est à la moitié du parcours. Je pensais à quoi déjà ? Ah oui, arrêter de penser pour se régénérer.

Dernière ligne droite, surface plane, le soleil est maintenant levé. Il n’y a plus de brume sur la Loire.

Quand même, Nantes est une belle ville, elle m’a adoptée, et rien que pour ça, elle mérite une médaille.

Bon là je fais quoi….. je peux aller en direction de Mauves ou revenir chez moi . On va revenir…. Je repasse la ligne de chemin de fer, pas d’activité. Il y a quelque maisons accolées à la barrière de protection. Ça doit bouger quand un Tgv passe…

Je repasse devant le jardin de l’école de musique, le groupe a bougé, ils se sont postés devant le petit Carrefour Market, et j’ai droit à nouveau à un « tu cours comme un pé… » , du moment que ça les fait rire….

Remonter derrière la Mitrie et souffler. Je marche , je reprends une respiration plus lente, plus allongée, je suis bien.

Respirer, le secret est là, tout est dans la respiration. Un jour dans un monastère, un moine demande à ses disciples : combien dure une vie ?

Les doigts se lèvent et les réponses fusent : 70 ans, 50 ans, 65 comme mon grand-père !

Un élève se tait, le moine l’interroge en demandant le silence. Le disciple répond : le temps d’une inspiration et le temps d’une expiration.

J’arrive crevé de cette course, et dire que c’est fait pour se délasser….

Pourquoi je cours au juste ?

Ah oui, pour ne penser à rien….

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  • C'est dans la profondeur du quotidien que l'on découvre l'extraordinaire c'est en partant de cette citation que je vous propose de m'accompagner sur un chemin...
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