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13 mai 2016 5 13 /05 /mai /2016 04:51
Fille de flic va !

A 17 ans au lycée, j’avais des cheveux longs, j’enviais la liberté et je détestais les flics. C’était l’époque du livre « Génération » où les anciens de 68 nous rendaient jaloux de « leurs révolution ».

Nous détestions l’autorité, par principe, pour se prouver que nous-non-plus on ne suivrait pas aveuglement le chemin de nos parents et des choses établies.

Il y avait dans notre classe une fille pétillante, petite, toujours souriante. Elle s’appelait Chrystelle, elle avait un frère qui arborait le plus beau sourire de la cour de récréation. Il n’était de pas ce lycée, mais préférait venir y trainer entre 12h et 14h parce qu’il disait que les filles étaient plus jolies à regarder chez nous. Du moment où il souriait, moi, ça me suffisait.

Un matin, notre prof principal nous a demandé de prendre les cours pour Chrystelle : son père était rentré en urgence à l’hôpital dans le coma, il était gendarme et lors d’un arrestation, il avait reçu une balle.

A ce moment-là, la haine de l’autorité et de l’uniforme disparut : ce n’était pas un flic sur lequel on avait tiré, mais c’était sur le père de notre amie, et nous prenions part à sa tristesse. Son père était entre la vie et la mort, et nous nous étions réellement peiné pour elle.

Quand on met un visage, un nom sur ce que l’on désigne par un adjectif, une représentation de nos détestations, il cesse d’être une haine aveugle. A partir du moment où l’ennemi d’hier prend une forme physique, devient proche, intime , il cesse alors d’être un ennemi. Alors le père de Chrystelle, n’était plus un gendarme, il n’était plus un outil de répression de notre imaginaire collectif, mais un père de famille qui risquait de perdre la vie.

Chrystelle est revenue au lycée, et son frère aussi pendant les intercours regarder les jolies filles avec son beau sourire. Elle nous racontait les progrès de son père, elle avait peur qu’il ne puisse plus être tout à fait le même, elle avait peur de séquelles.

Sa famille a déménagé à la fin de l’année scolaire , elle partit passer son bac dans un autre lycée et son frère est allé sourire à d’autres filles…

Pourquoi repenser à Christelle aujourd’hui ? C’est qu’une amie Fb s’est vu « blacklister » par un tiers parce qu’elle est « femme de flic » !

Je ne savais pas que c'était un statut , une insulte ou un métier ...

T'imagines si "femme de flic" était une profession ?

" Tu fais quoi après le bac ?

- Bts "Femme de flic" option "blog Facebook"

- Oh, il faut avoir une sacrée force de caractère , moi je prend le Bts "Mec de footballeurs" en alternance avec option lingerie Zahïa, mais comme il y a peu de gay dans le foot, j'ai pris un module "téléréalité" .

Oui, il en faut parfois du caractère pour supporter tout type de préjugé, la facilité. Il faut rappeler que ce n'est pas la fonction qui fait l'homme mais l'inverse et que derrière une dénomination sociale, se cache un humain.

Et il me revient en mémoire cette phrase de Voltaire : "La confusion des genres amène la bêtise ou la barbarie".

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  • C'est dans la profondeur du quotidien que l'on découvre l'extraordinaire c'est en partant de cette citation que je vous propose de m'accompagner sur un chemin...
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