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26 novembre 2012 1 26 /11 /novembre /2012 12:05

P1100036 papate sillon copie(2)Un tiers me reprochait dernièrement de me lamenter sur ma lassitude alors que lui souffrait beaucoup plus que moi.

La souffrance est comme le chaud, le froid, c'est une question de perception. Nous sommes tous différents et notre sensibilité fait que telle situation, telle réflexion ne nous touche pas alors que pour d'autres, situation identique et réflexion équivalents peuvent les détruirent.

La souffrance est un résultat , et ce n'est pas un hit parade ou une compétition .

Ma lassitude de la semaine dernière n'est pas une révélation matinale, mais le résultat d'une accumulation de plusieurs choses , de plusieurs événements , qui fait qu 'à un moment donné tout ce que nous pouvons vivre est vécu avec fatigue et énervement.

Mais loin, très loin de moi , l'idée de mettre en balance ma lassitude avec celle d'un autre ou de démontrer que je souffre beaucoup plus que x ou y.

Ce serait ridicule et destructeur. Égocentrique.

La joie est exubérante et relie les individus.

La souffrance est intime et peut relier les individus.

Elle peut relier si je dégage de ma situation une souffrance universelle qui appelle la compassion.

Si je suis conscient qu'un état est pour moi difficile, je peux l'admettre pour toute autre personne vivant la même chose que moi.

Mettre en balance les souffrances et les juger se solde par culpabiliser l'autre. C'est vouloir s'imposer à l'autre, le dominer .

Je peux comprendre que dans certains cas et surtout avec beaucoup d'accumulation que l'on ai envie de faire souffrir la terre entière pour soulager sa propre souffrance. Parcequ'on a l'impression tout à coup d'être seul à ressentir cette douleur ou parce qu'on pense de pas mériter cette souffrance. Mais là encore, c'est la verbalisation d'une solitude et d'une injustice qui s'exprime, ce n'est pas la souffrance. Et vouloir la reporter sur un autre pour s'en soulager n’est que pure illusion : c'est simplement la déplacer en croyant l'anéantir.

D’ailleurs, pourquoi vouloir l'anéantir ? Elle est. Le seul fait de vouloir s'en séparer provoque de la souffrance car elle crée une résistance à un état . La souffrance existe et est en nous, elle ne doit pas nous dominer.

On peut l'exprimer , comme je peux dire mon ras le bol ou tel autre son stress quotidien au travail. La verbalisation d'un état est sans doute le premier pas vers sa reconnaissance . Mettre un mot sur un maux. Mais Krishnamurti nous dirait de faire attention que ce mots ne nous enferme pas sur une idée, une émotion qui ne serait peut-être pas la notre. Ce que nous vivons est très personnel et ne peut se comparer aux autres, cependant si son expression est différente, la racine est identique et nous partageons tous en réalité les même souffrance. Mais nous n'avons pas à juger la manière que l'autre a d'exprimer son propre ressentie.

 

Dans ces moments là, soyons simplement présents avec ce que nous sommes, sans en faire des tonnes .Ni profonds , ni léger. Venir, être avec toute son humanité et son cortège de gentillesse. Un ami me disait l'autre jour que mes appels étaient plus performant que son traitement. Et moi je me souviens d'une main sur mon épaule un soir où ma vie basculait. Une simple main avec beaucoup de silence....Mais quelle chaleur dans ce geste !

 

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Published by taotesqui.over-blog.com - dans Chroniques du Tao
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  • C'est dans la profondeur du quotidien que l'on découvre l'extraordinaire c'est en partant de cette citation que je vous propose de m'accompagner sur un chemin...
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