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16 juin 2017 5 16 /06 /juin /2017 05:46
Le Quart d'Heure Bagnolais ( extrait)

" quatre sangles brûlées simultanément trop espacées pour qu'un seul individu puisse le faire en même temps. Un toit fermé au public en chantier, ajoutez des oiseaux morts, des traces rouges sur le sol et des outils... On patauge.

- Trois suspects possibles ou un accident probable.

- Et le suicide ?

- Je n'y crois pas(...) .

- Et un meurtre commis par les trois suspects, une vengeance collective ? (...)

- L a réponse se trouve dans ces deux questions : pourquoi Paul Chanon se trouvait sur le toit , et qui était Paul Chanon ? A part ses parents, qui pleurera Chanon ?"

 

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11 juin 2017 7 11 /06 /juin /2017 07:49

Le quart d'heure bagnolais est le dernier roman de Christian Dorsan, un auteur sensible, profondément attaché à la quête identitaire et à sa région. Rencontre. 

 

Qui êtes-vous ?

Je m'appelle Christian Champetier, et j'écris sous le nom de Christian Dorsan. Ce nom me vient du village d'où je viens : Orsan. Je suis Christian du village d'Orsan, Christian d'Orsan, Christian Dorsan... la question d'identité est très importante, identité du lieu, identité de l'être. Chacun de mes personnages est toujours en quête de sens ou en recherche de ce qu'il y a au-delà de l'apparence. Je suis originaire  d'Orsan, village du Gard Rhodanien, et je vis depuis une dizaine d'année à Nantes. Je travaille dans le secteur de la presse et collabore au magazine « L'Indic » et d'autres sites littéraires.

 

Pourquoi écrire ?

Depuis 2007, j'arrive à terminer ce que j'ai commencé. J'ai encore des tas d'histoires pas terminées qui traîne dans mes papiers… Il est coutume de dire qu'on écrit pour céder à un caprice... Parce qu'il y a quelque chose de prenant, de plus fort qui se passe en nous comme une vie parallèle. Impression de vivre à la fois dans la réalité et celle de la fiction, et l'écriture permet de confondre les deux, les fondre pour qu'il n'y ait qu'une seule vie peuplée de plusieurs vies. Plus simplement, j'écris parce que je suis lent : je ne sais pas être réactif, l'écriture permet le temps, accorde le répit nécessaire à la réflexion. Mais dans ce temps de réflexion, bouillonne plusieurs solutions, plusieurs pistes, plusieurs possibilités. Et tout ce magma, ajouté à l'imagination et l'envie de développer ces possibilités, donne naissance à des vies, des personnages, des drames, des aventures, des héros auxquels on s'attache. Écrire répond à une question terriblement humaine : comment vivre d'une manière infinie dans un monde fini ? L'écriture transcende le quotidien pour visiter les recoins de l'humain, de ses complexités, de ses espérances, des ses désillusions ou de ses petites victoires. Écrire c'est atteindre l'infini. Quand je suis en phase d'écriture, ce n'est pas facile à vivre pour mon entourage parce que je suis complètement ancré dans la fiction. je parle et je vis avec des personnages qui n'existent pas. J'ai écris le quart d'heure bagnolais à Nantes, mais dès que je me levais, je vivais à Bagnols. J'avais la ville dans la tête. je n'ai jamais eu besoin d'aller vérifier un nom de rue ou de lieu… C'est étrange pour mon entourage, j'en ais conscience…

 

Quel est votre parcours littéraire jusqu’à aujourd’hui ?

J'ai écris un premier livre parut aux Éditions Paulo Ramand : « Les saisons de l'Isthme ». Un roman initiatique qui raconte le parcours d'un trentenaire qui cherche un sens à la Vie. Une histoire de quête identitaire déjà. Puis, une nouvelle éditée par les Éditions Dervy, Ker Roin, dans un recueil : « Une plume dans l'encrier maçonnique ». Là aussi, le thème d'appartenance à une famille élargie, le retour d'un oncle, un secret de famille, des rituels... le tout en Bretagne, région que j'affectionne. Et à la rentrée littéraire de 2015, aux ÉditionsPaul & Mike : « Papa, c'est encore loin quand je serai grand ? » Dialogue entre un fils et un père décédé. Roman intime qui traite de l'affiliation, de l'héritage, de la transmission. Ce roman, je l'ai écrit dans des conditions particulières, mon père venait de mourir et toutes les nuits il me rendait visite dans ma chambre pour me parler. Une nuit il a déclaré qu'il cesserait de me parler si j'écrivais un livre sur lui. Je l'ai fait. Il ne m'a plus rendu visite.

 

Pouvez-vous dire quelques mots sur votre nouvel ouvrage, « Le quart d'heure Bagnolais » ?

Ce livre est né d'un pari avec un collègue de travail qui me fournissait en polars japonais. Pari d'écrire un polar que je croyais simple et rapide. Et bien ce fut tout le contraire ! J'ai imaginé un plan, une trame pour savoir où j'allais. Malgré, j'avais le sentiment de ne pas m'en sortir. Un jour où j'en ai eu ras le bol et j'ai décidé d'arrêter. La nuit suivante, tous les protagonistes de l'histoire sont venus me rendre visite et se sont alignés devant moi. L'assassin avait un regard malicieux en revanche, un personnage qui est un vrai gros dur dans l'histoire était effondré… Ils m'ont demandé de continuer. Le lendemain tout était simple et je suis allé jusqu'au bout sans difficulté.

Pourquoi Bagnols sur Cèze alors que vous vivez à Nantes ?

Je ne suis pas quelqu'un de nostalgique, mais donner comme cadre à cette histoire Bagnols sur Cèze m'a semblé une évidence. Je ne suis pas adepte du "c'était mieux avant", alors la mémoire se mélange à l'imagination et crée toute une atmosphère qui n'est pas loin de la réalité mais avec une distance, celle du souvenir idéalisé. Puis est arrivé le contexte: la chute d'Adam, (la tentation au jardin d'Eden, suivie de la chute …(ndr)) ma rencontre avec les écrits de Louis Saint Martin qui se confondent avec l'histoire de son maitre Martinez De Pasqually qui donneront naissance à la Franc-Maçonnerie moderne…

Une idée de l'intrigue ?

On découvre le corps d'un homme au pied de la Tour des Célibataires un soir à Bagnols sur Cèze, le préfet demande à un jeune lieutenant d'aller valider la thèse du suicide. La victime est un ancien ingénieur de Prèmox qui travaillait sur des dossiers sensibles. L'immeuble au pied duquel il a été retrouvé, abrite son ex-compagne. La confrontation entre les suspects, la flic Bagnolaise et le lieutenant Nîmois, donne des dialogues savoureux mais aussi très profond car l'histoire de cette chute se mélange avec celle d'Adam.

Avez-vous des projets en cours ?

Je termine les corrections d'un roman sur le lien d'un couple. Roman intimiste, roman d'une quête sur ce qui fait un homme : le passé construit l'identité du présent. L'histoire d'un homme qui ne quitte pas sa femme par paresse et qui,  un jour, croise "sa belle histoire" n'a perdue de  vue depuis longtemps… En cours d'écriture, un polar sombre qui se passe entre Avignon et Bagnols, un roman qui demande beaucoup d'attention et de noirceur... une autre facette de ce que nous pouvons être.

lequartdheurebagnolais

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7 juin 2017 3 07 /06 /juin /2017 11:49
Le quart d'heure bagnolais ( extrait)

"Ils traversèrent Bagnols sous une pluie fine, la cité rhodanienne était déserte. Ils  passèrent devant le lycée Gérard Philippe rebaptisé Albert Einstein. (...) Durant sa scolarité bagnolaise, ses parents occupaient un logement de fonction au-dessus du bureau du proviseur. Côté salle à manger, la fenêtre surplombait le pré-haut reliant le collège u lycée. Elle offrait un vaste vue sur les trois cours du collège échelonnées en terrasses. Elles étaient raccordées par des escaliers et balisées par des massifs de lauriers roses.Côté chambre, la fenêtre donnait sur la rue et sur l'ancien internat. Il était muré et sa façade alourdie d'infiltration d'eau, penchait vers la chambre de Guilhem Delarque . Quand le temps était à la grisaille, il lu semblait qu'il pouvait le toucher en tendant simplement son bras (...) Il se demandait ce qu'aurait été sa vie si ses parents n'avaient pas demandé une mutation. On vit comment quand on passe tout son temps entre une façade menaçante et une cour de récréation vide ? On grandit comment quand on reste à Bagnols ?"

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1 juin 2017 4 01 /06 /juin /2017 11:05
Le Quart d'heure Bagnolais : polar local ou roman initiatique ?

Le livre reste de prime abord un polar classique. Mais pas que…

Nous avons les ingrédients d’une enquête policière : un cadavre est découvert au pied d’un immeuble. La victime n’y était pas résident. Un duo assez électrique va mener l’affaire : un lieutenant nîmois philosophe et une flic bagnolaise assez « brut de décoffrage ». Vous trouverez aussi des suspects bien campés qui cachent des secrets et donnent donc à des rebondissements. La victime, Paul Chanon, était un manipulateur, un escroc et a créé un univers de dépendance autour de lui, il a précipité sa propre chute. Chaque suspect joue sa partition jusqu’à grossir le trait : une ex-petite amie flouée et son amant discret, une adolescente introvertie,un prêtre impatient d'enterrer la victime et  un ancien légionnaire reconverti en chef de sécurité qui déteste les civils… et le fameux quart d’heure bagnolais. Tous ont un alibi ce soir-là et tous disent la vérité.

Cette histoire se déroule à Bagnols sur Cèze, et c’est certain, ceux qui connaissent cette ville retrouveront avec plaisir ses lieux emblématiques : l’ancien cinéma Le Club, la Place Mallet, Bourgneuf, le Mont Cotton etc...

Voilà pour le décor mais l’histoire de ce corps qui a chuté, évoque la chute d’Adam telle  qu’elle est racontée par Martines de Pasqually. Le policier va retrouver un vieil ami de sa famille avec qui il va partager l’idée que l’homme n’a de cesse de chercher son identité originelle, cette identité perdue depuis que le Grand Architecte a précipité Adam dans sa création. La chute d’Adam, devient alors l’allégorie de notre propre enfermement, notre emprisonnement au monde que nous créons pour qu’il corresponde à ce que nous désirons.

Les conversations entre le vieux professeur et le jeune policier nous plonge dans l’univers et les écrits de Claude Louis Saint Martin sans jamais le citer. Martinisme, Voie cardiaque, même l’homme le plus sage de la terre ne saurait résister à la tentation de l’orgueil au moins une fois dans sa vie. Si les épreuves nous nous fait grandir, cette enquête va être une révélation pour le jeune lieutenant nîmois, et pour le lecteur.

Laissez-vous conduire au fil de ces pages dans Bagnols sur Cèze et les recoins de l’âme humaine, et vous découvrirez que l’on peut faire mille choses durant un quart d’heure…même tuer.

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30 mai 2017 2 30 /05 /mai /2017 11:27
Le quart d’heure bagnolais

L’immeuble s’élevait face au Mont Cotton. C’était le plus haut de la ville.
– Sacrée chute ! Je me demande ce qu’on ressent quand on se jette de là ?
Muguet posait cette question la main sur le front, se protégeant d’un soleil absent.
– Peut-être la même sensation que celle de la naissance, murmura Delarque, la peur de l’inconnu, l’angoisse de la douleur, le sentiment d’abandon, enfin, j’imagine... »
Le corps de Paul Chanon est découvert au pied d’un immeuble de quatorze étages à Bagnols sur Cèze le soir du 1er novembre. Ancien ingénieur chimiste à Prémox, la victime ne semble pas avoir beaucoup d’amis et personne ne sait quoi dire sur elle, sauf que tous le détestait. A commencer par son ex et le chef de la sécurité de Prémox. On demande à un lieutenant nîmois d’aider ses collègues bagnolais. Quatorze étages de chute et autant de pistes. Et si la solution était le temps, le fameux « quart d’heure bagnolais » ?
Dans ce polar qui oscille entre humour et philosophie, Christian Dorsan nous emmène dans la cité rhodanienne pour une enquête qui nous raconte le mythe de la chute d’Adam.

ISBN : 979-10-310-0309-2

11,5 X 17, 190 pages

n°79 de la collection

10,00 €

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27 mai 2017 6 27 /05 /mai /2017 15:26
"P'tit pédé"

Je ne savais pas qu'une simple insulte pouvait me faire rajeunir. En me promenant aux Minimes, un courageux cycliste nous a lâché un "P'tits pédés !" avant de disparaître une rue plus loin. Preuve que je ne fais pas mon âge : "p'tit pédé", si je faisais réellement mon âge, il aurait dit " Vieille tantouze ". Les homophobes restent  quand même flatteurs... Un peu plus tard dans la soirée, un jeune accompagné d'un groupe, tatoué, canette de bière en main, capuche sur la tête et haut parleur dans son sac se retourne près du bar gay de La Rochelle et dit à ses copains : " y'a trop de pédés ici maintenant"; Je ne pensais pas que j'entendrais cela deux fois dans la journée, en fait cela fait longtemps que n'avais plus entendu ce type de propos.

Il ne suffit pas d'avoir l'air cool pour l'être, et si tu n'avais pas feinté tes cours de Svt, tu saurais que la vie existe grâce à la diversité. Il n'y a pas sur terre de "trop" ou de "pas assez", il y a , est c'est tout, et c'est bien. Le kamikaze de Manchester, lui-aussi pensait qu'il y avait trop de musique impie et que cela suffisait, le fascisme commence toujours par petites touches d'intolérance. Je fais partie peut-être d'une vieille génération qui croit encore au bien-vivre ensemble . Mais peut-être ai-je maintenant tort , que maintenant on peut crâner en lâchant des propos raciste ou homophobe pour faire bien, que maintenant la transgression est la régression et qu'à l'âge de la révolte, être réac est un acte d'émancipation ... peut-être... je veux bien alors passer pour un vieux con mais à la seule condition que je ne fasse pas mon âge !

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18 mai 2017 4 18 /05 /mai /2017 13:33
Franz Kafka " Rapport a une académie" : la métamorphose inversée

Les livres publiés aux éditions   Lenka Lente sont une triple expérience de lecture :

D’abord c’est être surpris par le format poche d’une quarantaine de pages.

Ensuite,  les publications sont toujours accompagnées d’un Cd qui complète la lecture.

Et enfin, c’est le choix des textes proposés, cet éditeur apporte un soin particulier de mettre en avant des auteurs de la fin XIX –début XX ou des textes inédits.

 

« Aujourd’hui  je me rends compte que sans le plus calme intérieur, jamais je n’aurai réussi à m’échapper ». C’est le constat d’un singe sous forme de lettre à une académie qui s’impose  pour échapper de sa condition et au triste sort du zoo. L’unique voie qui s’offre à lui est de ressembler aux hommes, se transformer en humain pour réussir sa vie. Il raconte dans ce rapport, sa captivité en Afrique, puis son transfert vers l’Europe. C’est durant ce voyage que va commencer son apprentissage et son éducation : imiter les marins pour attirer l’attention et trouver une issue à sa situation.

Cette « issue »n’a pas comme but la liberté car elle « est une illusion » . Malgré ses progrès , il pense  avec lucidité que : « personne ne m’avait promis de me libérer si jamais je devenais comme eux ; on ne promet rien à qui espère l’impossible ».

Rapidement , il devient une star du Music-hall et obtient le confort qu’il désirait.

L’écriture de Kafka est sobre, petit à petit, le narrateur perd sa nature originelle et ne voit en elle qu’un fait, sans nostalgie ou regret. Il n’y a aucun romanesque chez ce héros, tout au plus, son seul combat est d’obtenir ce qu’il y a de meilleurs pour assurer le minimum.

Pour ce livre, c‘est le groupe fétiche de l’éditeur qui accompagne la lecture : les Nurse With Wound ont spécialement écrit la musique pour cette publication.

Ce qui est piquant, c’est de découvrir que cette nouvelle est terriblement d’actualité : la flamboyance de la lutte contre son milieu a cédé sa place au désir de conformité. Une fois installé , le désir de retour devient « qu’un courant d’air qui me chatouille les talons ; l’orifice d’où il arrive(…) est devenu si mince que je m’arracherais la peau  si je tenais à le traverser à nouveau ». Histoire d’une métamorphose inversée.

 

FRANZ KAFKA
RAPPORT À UNE ACADÉMIE
NURSE WITH WOUND
KAFKA'S PARACHUTE
LENKA LENTE - 31 MAI 2017

9 euros

LIVRE + CD
40 PAGES
10 X 15,5 CM
ISBN : 979-10-94601-15-0

 

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15 mai 2017 1 15 /05 /mai /2017 11:55
Plus jamais seul  : le dur métier d'un père

Juan et Pablo vivent l’un à côté de l’autre sans vraiment se comprendre. Juan est un employé corvéable proche de la retraite , harcelé par sa fantasque voisine et père de Pablo, adolescent extraverti. Pablo entretient une relation avec un ami d’enfance, ce qui n’est pas du goût des autres jeunes du quartier. Il sera victime d’un tabassage, images insoutenable de cette agression,  à laquelle participe son petit ami et tandis qu’il sombre dans le coma, le père Juan lui, va se réveiller de sa torpeur.

Ce film est tiré d’un fait divers sordide qui s’est passé au Chili, le réalisateur Alex Anwandter, chanteur populaire , a voulu traiter le sujet de  l’homophobie. Mais le jeu extraordinaire de l’acteur qui joue le père, Sergio Hernandez, donne une dimension supplémentaire au film : celui de la prise de conscience de la solitude.

 Juan va se rendre compte de sa solitude en allant chaque jour à l’hôpital près de son fils. Cette prise de conscience va déclencher une réaction en chaine : il va envoyer promener sa voisine, se révolter face à son assurance et voler la voiture de son patron après une trahison.

Le film aurait pu devenir une histoire de vengeance mais cet homme est trop bon pour se venger. Il ira à la rencontre du petit ami de son fils pour comprendre « je te connais depuis que tu es petit, tu peux tout me dire, je sais  ce que faisait avec mon fils », celui-ci le menace, Juan comprend alors qu’il n’a plus de lien avec personne. On est spectateur de cette tristesse car une des plus grande tristesse de ce monde est la solitude, celle de ne plus se sentir relier à quiconque.

Parce que ce film est aussi une histoire de non-dit, les mots que  l’on s’interdit entre père et fils. Il n’y a pas d’effort dans une relation quand on s’aime, il n’y a que la pudeur qui interdit la parole ou la crainte d’apparaître ridicule par un excès de tendresse. L’effort, c’est seulement ce petit élan du cœur qui libère les liens et les renforce. Juan se reproche de n’avoir pas su protéger son fils, Pablo se reproche de n’avoir pas su dire je t’aime à son père.

Etre père est un métier difficile et qui sait si ce n’est pas les enfants qui l’enseignent aux parents.  

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12 mai 2017 5 12 /05 /mai /2017 11:12
Du Nutella au petit déjeuner

Nous avions choisi un club cet hiver-là pour passer une petite semaine, une coupure au soleil. En fait de soleil, nous avons joué à cache-cache avec lui ou la pluie au choix. Qu'importe, on ne se décourage pas pour visiter même avec un parapluie  : le temps des vacances est celui de la découverte.

Etre ailleurs est un renouveau, une chance d’être soi-même en dehors de ses habitudes. Mon collègue Sly me disait que le cerveau ne fonctionne plus lorsqu’il agit par habitude et que seule la nouveauté ( déménagement, changement de travail, voyage etc..) permettait d’être absorbé par la réalité . L’habitude crée un monde qui souvent nous convient mieux, bien  qu’il ne corresponde pas  au réel. Bref, petits arrangements avec le monde qui nous entoure pour qu’il soit ce que nous souhaitons.

Dans ce club ailleurs de nos habitudes, il y avait un buffet du petit déjeuner avec des fruits exotique, des confitures différentes, des viennoiseries locales etc… et un jeune couple de français s’installent à côté de moi et la jeune fille du sac tire … un pot de Nutella ! Elle me précise qu’elle l’a emmené dans sa valise car elle avait peur de ne pas en trouver en vacances.

Comment voulez-vous vous enrichir d’ailleurs si vous vous trimballez toujours avec vous, avec ce que vous êtes dans le quotidien ? Comment profiter de la différence si on n’est pas capable de s’émerveiller, d’être curieux ?

Comme dirait un copain : partir à l’étranger avec un pot de Nutella, c’est un peu comme semer et laisser mourir.

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5 mai 2017 5 05 /05 /mai /2017 07:42
Seul, c'est banal, à deux c'est sympa, mais à plusieurs, ça commence à être très intéressant...

Depuis que je suis en âge de le faire, du moins, depuis que je me sens capable de le faire et qu’on me sollicite, j’y prend un immense plaisir chaque fois.

Seul, c'est banal, à deux c'est sympa, mais à plusieurs, ça commence à être très intéressant..

Samedi donc, nous voilà , petite communauté éphémère, fébrile, réunie dans le matin naissant. Au début on se présente par nos prénoms, un peu timides car certains se connaissent déjà, on se vouvoie pour la forme. Il ne faut pas longtemps pour démarrer, nous sommes tous motivés, nous sommes un nombre pair, ce que je trouve pratique… allez savoir pourquoi. On se juge un peu au départ, histoire de savoir qui va faire quoi et avec qui.

Après une heure d’effort, la maitresse des lieux nous demande si on souhaite faire une pause, boire quelque chose. Je refuse par politesse et surtout parce que je n’aime pas casser le rythme. Mais l’un d’entre nous souhaite se désaltérer. Bon, on arrête là quelques instants, on relâche l’effort. On commence à se tutoyer, on en apprend un peu plus sur chacun de nous, c’est mieux ainsi. Puis il faut se remettre à l’ouvrage, j’ai du mal à me reconcentrer, les muscles sont froids, la tension n’est plus là. Puis au bout de quelques instants, ça revient… ouf, je me sens encore jeune.

A la fin, nous sommes épuisés, transpirants mais heureux de ce moment partagé. On se promet de  se revoir, on échange des téléphones.

Je sais que je vais en voir pour deux jours au moins pour m’en remettre. Mais qu’importe, je suis toujours content de moi dans ces moment-là : un déménagement, ça ne se refuse pas !

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