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10 février 2017 5 10 /02 /février /2017 12:49
petit dej avec Merleau Ponty

Se lever tôt, feuilleter un magazine et tomber sur un article qui parle de Merleau Ponty. A priori, rien de passionnant sauf que….

Dans cet article il et écrit que la perception de notre environnement dépend de notre adaptation. Ce monde est toujours en mouvement, la perception que nous avons de celui-ci permet une vision globale de la réalité, par petites touches, comme un puzzle. Si notre personnalité intellectualise ou met en avant notre manière d’appréhender le monde, il y a alors un fossé qui se creuse devant cette résistance à le voir tel qu’il est et surtout notre manière d’y évoluer.

Petit dej en tête à tête avec cet article pour bien débuter la journée, histoire de rire un peu de ces conservateurs de tout poil qui gesticulent en nous faisant peur armés de « c’était mieux avant » pour obtenir nos voix…

 

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6 février 2017 1 06 /02 /février /2017 15:35
A la gare, en allant au concert

En sortant de la gare pour me rendre au concert, je suis accosté par une dame trainant une grosse valise sur roulettes et ayant un fort accent anglais :

-S’il vous plait, je cherche Ibis Hôtel Gare

- Il faut traverser le pont et c’est juste après la tour que vous voyez de ce côté-ci

Elle me regarde, sort son i-phone et me montre l’écran :

  • C’est tout à fait impossible : mon phone me dit que cette l’autre direction !

Je regarde son portable, lui prend des mains et le remet dans le bon sens :

  • Il faut donc franchir le pont et c’est juste à côté de la tour que voyez de ce côté-ci
  • Ah oui, comme ça c’est mieux !

 

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3 février 2017 5 03 /02 /février /2017 14:03
Venise n'est pas en Italie

Venise c’est la cité des amoureux où il est de coutume de se rouler des galoches devant le Pont des Soupirs en se faisant des selfies. Mais la semaine dernière, un fait divers ahurissant s’est produit devant les yeux des touristes en mal
de dépaysement : un jeune africain s’est suicidé sous les moqueries de certains badauds.  Sur certaines vidéos, on peut entendre des passants se moquer de lui, ou des phrases telles que «  Retourne chez toi ! ». Personne ne l’a secouru, personne ne s’est jeté
à l’eau pour l’aider.

Dans cette ville où l’on célèbre l’amour, on a laissé la haine s’afficher  sans vergogne.

Si vous croyez ne pas être tout  à fait responsable de vos actes, vous êtes  à 100% responsable de vos paroles. Et quand ces paroles colportent de la haine, vous êtes de la haine. Et les paroles tôt ou tard se transforment en actes, se matérialisent. Si on propage de la haine, alors on finit par créer et vivre dans un climat de haine dont nous sommes entièrement responsable. Rien est isolé, nous sommes  tous solidaire de notre destin.

Nous ne sommes pas important quand nous détestons les autres, nous détestables quand nous méprisons les autres. Nous ne gagnerons rien à toiser les plus fragiles ou les plus faibles sinon  que d'être à notre tour fragile et faible pour un autre.

Une des plus grandes détresse dans la vie est la solitude, et dans cette ville où fleuri des couples, se dire que c’est la solitude qui a tué, est tragique.

Ce Venise-là n'est plus en Italie, il est dans chacune de nos parles qui peut tuer à petit feu, laisser les autres se noyer sous nos ricanements mesquins. Etre raciste, nuit gravement à la santé de tous.

Il s’appelait Pateh Sabally , il était originaire de Gambie.  

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27 janvier 2017 5 27 /01 /janvier /2017 12:28
J'ai décidé de me lancer dans une mission de "réflexion stratégique informelle"

La femme d’un ancien premier ministre a reçu une rémunération pour une mission de "réflexion stratégique informelle". Vous me connaissez, je ne suis ni vénal ni polémique… mais je dois dire qu’en recherche permanente d’idée, je trouve que cette dame a réussi à ubériser le monde du consultant et autre coaching.

Alors pour ne pas être en reste, j’ai décidé moi-aussi à ubériser mes conseils en  mission de "réflexion stratégique informelle" :

 

J’ai conseillé un collègue d’imprimer une facture en recto verso : réflexion stratégique informelle sur la gestion papier et production  1800 euros ht

J’ai conseillé un pote de se mettre au sport ( vu que son ventre déborde de la ceinture) : réflexion stratégique informelle en coaching sportif 750 euros

J’ai félicité une amie sur son plat dimanche et je lui ai dit cependant de rajouter du sel : réflexion stratégique informelle en cuisine 122.00 euros

J’ai conseillé une aspirine suite à un coup de froid plutôt qu’un arrêt maladie : réflexion stratégique informelle sur le trou de la  sécu 2650 euros ht

J’ai conseillé mon frère de passer par la départementale et d’éviter la nationale ce soir : réflexion stratégique informelle de prévention routière 3650 euros

J’ai parlé au bistrot du coin de macro et micro-économie ( après quelques verres, je ne sais plus) : réflexion stratégique informelle sur l’équilibre économique mondiale : 15600 euros

J’ai demandé à un ami de réfléchir avant de divorcer : réflexion stratégique informelle matrimoniale 250 euros

J’ai conseillé au mec qui me braquait dans la rue de bien réfléchir avant de commettre l’irréparable, la vétusté des prisons, la longueur du système judiciaire, la rudesse des services de police : réflexion stratégique informelle et gestion de la violence 0.00 euro ( je ne vais pas lui envoyer de facture à celui-ci…)

J’ai hurlé devant ma télé en regardant un match de foot et donner des directives sur le jeu : réflexion stratégique informelle sur la stratégie footballistique  5250 euros

 

Je vous ai diverti pendant quelques instant : ça , ça n’a pas de prix : à vous de décider combien vous me devez ( chèque acceptée, American Express etc….)

 

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20 janvier 2017 5 20 /01 /janvier /2017 12:24
Le choix dans la date...

 Choisir, n’est-ce pas une manière d'être maître de son destin » (K.Kieslowski) : ça, c’est mon amie Anne qui applique cet règle en toutes occasions.

Mais Anne est une fille raisonnable, organisée…. Moi…. Ben moi c’est le contraire. Et quand arrive le temps du choix, je me sens bloqué, incapable de prendre une décision : accepter c’est refuser d’autres opportunités, refuser c’est fermer la porte à cette opportunité. Et voilà que tout tourne en rond jusqu’à l’étourdissement. Le plus curieux c’est la complaisance du postulat :attendre quelque chose pour lequel on a travaillé et patienté. Tant que nous sommes dans l’expectative, tout va bien, et une fois atteint le but, l’angoisse prend le relais. Comme si je préférais être frustré plutôt que comblé. La peur d’être confronté à une réussite, d’assumer .

Alors comment décider si c’est ma peur qui fait peser la balance ? Recourir à la citation préférée de mon amie Anne ? ( j'ai écris deux fois " mon amie Anne" car elle cuisine divinement bien et là, mon choix est fait : c'est la reine de la blanquette ! mais ce n'est pas le sujet...)

J’ai mieux : le pile ou face de mon collègue de travail Anthony : devant une alternative il faut jouer à pile ou face. Si je suis heureux du tirage, je suis conforté dans mon choix initial, si je ne suis ni heureux, ni soulagé du tirage, c’est l’inverse qu’il faut faire.

Et si je ne suis ni heureux, ni insatisfait ni soulagé ?

 

Eh oh ! Y’a quelqu’un ?

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14 janvier 2017 6 14 /01 /janvier /2017 07:37
Entendu dans le Tram

Mardi matin, station Duchesse Anne, un ado rentre dans le tram, jette son sac par terre, prend son portable et appelle :

- Ouais , c'est moi, bon, euh, je te le dis en face : je te quitte

- ......

- Oh, ça va, te mets pas en mode " vieux cons" , on n'est pas nos parents !

- .......

- J'suis pas lâche : je te l'ai dit en face ! Allez, tchao !

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6 janvier 2017 5 06 /01 /janvier /2017 12:57
Claude Duneton et l'Amour est dans le pré

Tombé par hasard l’autre soir sur la présentation des prétendants ‘( ou des impétrants comme dirait Montebourg) à l’émission L’amour est dans le Prè. Que l’on veuille moderniser les petites annonces du chasseur Français ou de Meetic, n’a rien de choquant en soi, il faut papillonner avec son temps.

Non, la gêne que j’éprouve devant cette émission, est le regard que l’on porte devant le monde rural ; c’est Rendez-vous  en Terre Inconnue.. et c’est cela qui me chagrine.

Nous regardons avec tendresse Raymond :  ses vaches laitières et ses doigts boudinés à force de les traire par toutes les saison, nous sommes émus par Gilles : céréaliers à l’accent rustique nous raconter ses soirées solitaires à manger une soupe sur le coin de sa table dans sa cuisine où la tapisserie des années 70 a déjà dépassée le stade du jaunie. Ou comment ne pas être fasciné par Christine qui élève ses chèvres sur le plateau du Larzac affrontant le vent et l’hiver froid, le soleil estival qui crame peau.

Les paysans ne font plus recette sauf sur le mode rétro. Dans les années 60, la France était un pays agricole. Et quand on partait des campagnes, de craintes d’y retourner on s’en moquait. Notre pays est devenu industriel, technique, un pays de loisirs, reléguant les plaisirs simple au rang de la préhistoire. Je ne suis pas nostalgique, mais quand on évoque la fin des petites exploitations agricoles, le suicide des agriculteurs, je ressens une gêne, une culpabilité d’avoir oublié une partie de la famille que j’avais oublié et se rappelle à moi pour les enterrements ; On se tient au chaud, on évoque la douceur des jours d’avant, on rit, le café et brulant et on repart chacun de son côté et se promettant de se revoir rapidement. Et on s’oublie.

Cette scène ma rappelle un texte de Claude Duneton ( est-ce dans "Je suis comme une truie qui doute" ou "L'anti-manuel du français " ?, je ne sais plus) dans le quel il racontait un enterrement en campagne : personne n'écoute la messe, on parle de la pluie et du beau temps, on se donne des nouvelles des familles respectives. Et puis vient ce moment où le silence prend le relais, ce tout petit instant de sincérité , ce moment où chacun pense au défunt mais surtout à la précarité de la vie et sa relation avec la vie, eux, les paysans en relation avec la nature, savent mieux que quiconque ce qui vit , meurt et renaît. Ce moment de silence est cette sagesse que nous n'avons pas su transmettre.

Et dire que ce sont eux qui façonnent notre paysage qui défilent sous l’asphalte qui nous mène vers nos  lieux de villégiatures.

Je me dis souvent que nos manières de s’habiller :  cols de polo remontés ,les jeans à taille basses sur les genoux laissant à découvert la chute des reins des ados, nous ont rendu péquenauds à défaut d'être restés des paysans.

L'amour est dans l'apprêt....

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2 janvier 2017 1 02 /01 /janvier /2017 12:19
2017 : année de l'isohyéte

Je me coupe souvent en me rasant le crâne. Je n’ai plus de cheveux et si je laisse les rares pousses qui essayent d’exister, j’offre un pitoyable spectacle d’une mangrove posée sur un mont pelé. Quand je me coupe, je m’aperçois que finalement, je suis pareil que les autres : je suis aussi fait de chair ( qui se prend dans les lames) et de sang ( qui ruissèle sur ma nuque). Pour pallier à cela, il faut d’abord une préparation afin que le peau ne soit pas agressée par le rasoir puis la réconforter par une lotion pour qu’elle puisse respirer et s’hydrater.

Pourquoi parler de ma coupe de cheveux pour la nouvelle année ? Parce que ma coupe de cheveux ressemble beaucoup à ce que nous sommes : nous offrons aux autres ce que nous sommes et si nous nous préparons mal, nous présenterons quelque chose d’indéfinissable ou de non fini aux autres. Vivre ce n’est pas simplement assurer des fonctions vitales, cela implique beaucoup d’autres actions ou réflexions, si nous ne sommes pas habité, nous aurons beau vociférer , nous indigner, pleurnicher, rien n’y fera. Aucun changement ne se fera s’il ne passe pas d’abord en nous. Ce monde n’est pas toujours le fruit des autres, mais il est aussi le mien. Il est ce que j’en fait et comment je l’appréhende.

Nous sommes devenus par le biais des réseaux sociaux, trop dans l’émotionnel et pas assez dans le pragmatique. Il ne suffit pas de liker pour résoudre les problèmes. Il ne suffit pas de se lamenter pour résoudre nos problèmes. Certains ont une foi aveugle , nous, soyons éclairés. Ne laissons pas les autres décider, dicter ce que nous devons penser ou faire . Il est important de s’enrichir de l’intérieur, ne pas s’emballer, rendre nos pensées stables  et nos parles rares. Réinvestissons notre propre vie avant de juger celles des autres. Réapproprions nous nos envies, nos désirs.

Que cette année 2017 soit l’année pendant laquelle nous serons nos propres héros de nos vies. Et laissons les marchands d’espoir prêcher dans le désert : nous on veut des oasis de paix.

Et si je ne réussis pas à tout mettre en pratique ce que je conseille aux autres, je me collerai une moumoute !

Bonne année 2017 à tous !

ps : Une isohyète est une ligne imaginaire sur une carte météorologique reliant des points d'égales quantités de précipitations tombées en une période déterminée. Et cela n'a rien à voir avec ce qui précède...

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21 décembre 2016 3 21 /12 /décembre /2016 12:45
Photo de Frédéric Le Chevanton : http://www.fredericlechevanton.com/

Photo de Frédéric Le Chevanton : http://www.fredericlechevanton.com/

Je l'avais remarqué depuis quelques jours, elle se trouvait systématiquement sur mon parcours et semblait me guettait. Elle restait devant une vitrine vide sur le boulevard, face à l'entrée de mon bureau, je la retrouvais dans la superette pendant mes courses ou feuilletant un magazine dans la presse où j'avais mes habitudes. Son visage m’était familier, cependant j'étais persuadé de ne pas la connaître.

Ce manège durait depuis une semaine et à quelques jours de Noël, je voulais percer ce mystère.

Je décidais ce soir-là de sortir par le parking et remonter le boulevard pour la surprendre. Je la vis, nonchalante, marcher vers le centre-ville. Je la suivis. Elle rentra dans un café proche de la grande place et s'installa sans enlever son imper ni ses lunettes noires, personne ne lui prêtait attention. Je la détaillai : allure mince, jeune; le visage tout en longueur, elle portait un imper dont le col était relevé, un foulard sombre sur ses cheveux bruns et d'immenses lunettes noires qui cachait son visage. Devant ma bière, une chaleur m'envahissait : plus je la regardais, plus j'étais attiré par cette inconnue.

C'est alors qu'elle tourna la tête vers moi, et pris peur. Elle se leva brusquement et descendit aux toilettes. Je ne savais pas quoi faire, je voulais seulement lui parler et non lui faire peur. Je décidai de l'attendre et de m'expliquer. Au bout de quelques minutes un homme d'une quarantaine d'années arriva et se dirigea droit vers moi :

- Combien voulez-vous ?

- Je ne comprends pas

- Combien voulez-vous pour arrêter de la suivre ? Laissez la tranquille ou vous aurez faire à moi

- C'est elle qui me suit, qui est-elle ?

- Ceci n'est pas votre affaire, il faut la lasser faire et elle s'en ira et vous l'oublierez, ce sera mieux pour tout le monde.

L'inconnue remonta des toilettes et effrayée contempla la scène. L'homme me retint par le bras pendant qu’elle sortait du café

- Oubliez la, ce sera mieux pour nous tous.

L'inconnue disparue, l'homme parti, il ne me restait plus qu'à regagner mon appart en songeant que c'était une drôle d'histoire;

 

Elle était devant l'entrée de mon immeuble et tenait un immense sac de sport. Elle vint tout de suite vers moi :

- Pardon d'avoir appelé cet ami mais vous m'avez fait peur tout à l'heure. J'ai besoins de vous, j'ai besoin de quelqu'un pour m'aider à accomplir quelque chose. Voulez-vous m'aider ?

Je devinais derrière ses lunettes de star, une immense détresse et une grande attirance.

- Qu'attendez-vous de moi ?

- Emmenez-moi à l'océan, ce soir, je dois terminer quelques choses que j'aurais dû faire depuis des années maintenant.

En moins de dix minutes, elle était installée dans ma voiture, le sac entre ses jambes et nous roulions vers l'océan.

Elle m'avait indiqué un petit hôtel et j'avais appelé pour réserver une chambre. Le patron me laisserait les clefs à la réception car il devait s'absenter, j'avais le code pour rentrer. Je me suis arrêté pour prendre de l'essence et nous acheter des sandwichs. Elle ne voulut pas manger, et s'endormit. Son sac était entre ouvert et je vis un vase qui ressemblait à une urne.

Arrivé tard, elle monta avec moi dans la chambre.

- Je dois faire quelque chose. Je dois terminer, je vous laisse et je reviendrais plus tard.

- Il fait nuit, il fait froid, cela ne peut attendre demain ?

- Demain matin je vous expliquerais tout. Laissez-moi maintenant.

Je l'entendis descendre les escaliers, son parfum était présent dans toute la chambre.

Je passais le reste de la soirée à zapper et finis par m’endormir. Il me sembla dans un demi-rêve, l'entendre rentrer, se déshabiller et se glisser dans le lit. J'étendis mon bras pour la chercher et caresser ce corps qui m'attirait, mais la place était froide.

 

Au petit matin, elle n'était pas revenue. Je descendis déjeuner, personne ne l'avait vue. Je la cherchais le long de la plage, questionnais des habitants, personne n'avait vu l'inconnue.

Je décidai vers midi de me rendre à la gendarmerie pour signaler sa disparition :

- Alors, si j'ai bien compris, me dit un gendarme, vous nous signalez la disparition d'une inconnue avec qui vous êtes venu mais vous ne savez ni son nom, ni son adresse. Et qui plus est, l'hôtel ne l'a pas vu non plus... Soit vous nous faites marcher, soit elle s'est bien foutue de votre gueule la demoiselle : elle cherchait une poire pour la conduire ici et une fois la course faite, elle s'est envolée pour rejoindre son amoureux.

Le gendarme avait raison : je ne la connaissais pas, l'hôtelier ne l'avais pas vu et je ne savais pas où la chercher. Je regagnais la ville en fin d'après-midi.

 

Les semaines passèrent et cette histoire me perturbait un peu moins. Les premiers temps je n'arrivais pas à dormir, je marchais dans la ville espérant tomber sur l'inconnue, mais rien, pas de trace d'elle.

Ce fut quelques semaines après Noël, que je croisais l'homme qui m'avait menacé. Je décidais le suivre. Il rentrait chez lui, il semblait avoir vieilli, son teint était blanc, il avait des poches sous les yeux et semblait moins menaçant que lors de notre première rencontre.

Je le suivis jusqu'à son domicile, le laissa entrer, attendis quelques instant et sonna la porte. Il ne fut même pas surpris de me voir, tout juste contrarié.

- Cela devait arriver, me dit-il en me laissant entrer

- Je veux savoir ce que vous avez fait de l'inconnue, sinon je vais voir la police !

- Pour leur dire quoi ? Vous ne savez même pas qui elle est.

Il me fit asseoir et alla chercher une bouteille de vin. Il la déboucha et vint s'assoir à mes côté et me présenta une photo en noir et blanc de l'inconnue. Elle était sans foulard et sans lunettes noires, un beau visage en longueur souriant, de grands yeux noirs décidés et des cheveux ondulés brun.

- Elle s'appelle Mathilde. Sur cette photo, elle devait avoir dans les dix-huit ans, c'est l'été où je l'ai rencontré au bord de l'océan et j'en suis tombé amoureux. Mathilde est une fille assez libre, elle voulait tout, tout de suite, ne sembler jamais fatiguée ni lassée des choses et des gens. Nous nous voyons peu : je faisais mes études ailleurs et je ne la voyais que pendant mes vacances ou certains week-ends. Un jour elle décida d'aller à l'océan parce qu'il y a une tempête d'annoncée et qu'elle voulait voir ça.

L'homme prit une grande gorgée de vin

- La gendarmerie dira dans un rapport d'accident, qu'elle s'est approchée trop près des rochers malgré l'interdiction et les barrières de sécurité. Une immense vague s'est abattue sur elle et l'a emporté. Ce n'est que le lendemain plus au sud, qu'on a retrouvé son corps. Ses parents l'ont incinéré et ont placé l'urne dans un cimetière. Mathilde elle, elle voulait que ses cendres soient rendus à l'océan.

- Mais comment savez-vous ce que Mathilde souhaitait ?

- Parce que depuis elle vient me voir et insiste pour que ses cendres rejoignent l'océan pour qu'elle puisse se retrouver.

- Pourquoi ne 'avez vos pas fait alors ?

L'homme regarda dans le vide.

- Parce que tant que les cendres de Mathilde restaient dans l'urne, elle viendrait me voir pour la délivrer, et moi je continuerais à la voir. C'est le seul moyen que j'ai trouvé pour la garder.

Nous sommes restés un grand moment dans le silence et avons échangé des banalités sur la vie, la mort. L’homme me dit qu’il voulait changer de vie, mais à chaque fois, Mathilde venait le voir  et il renonçait à ses projets.

Nous nous quittâmes tard et plus jamais je ne le revis en ville.

 

Sur les rochers, à la sortie du port, un ombre marche à la frontière du vide. Un homme d'une quarantaine d'année, vient de s'installer depuis peu. On dit qu'il hante les rochers, parlant seul et à haute voix parfois. Il semble attendre quelqu'un pendant des heures.

Parfois même, on l’entend hurler un prénom qui sombre dans l’eau ou est emporté par le vent. On distingue des syllabe que l’écume dépose sur la lande : Ma-thil- de.

 

Retrouvez les photos de Frédéric Le Chevanton sur son site : http://www.fredericlechevanton.com/

 

 

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16 décembre 2016 5 16 /12 /décembre /2016 16:16

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Certaines personnes ne savent pas recevoir un cadeau ou un compliment. Souvent on associe cela à de la fausse modestie. Dans mon cas c’est de l’honnêteté…

« T’es sympa Christian, tout le monde ici t’apprécie »

Mouais… la gentillesse chez moi est une forme de séduction pour éviter tout type de conflits. Les choses vont de soi quand tout est calme n’est-ce pas ? Je ne concours pas pour gagner la place du « meilleurs collègue de l’année », mais si ma gentillesse pouvait maintenir ma            bulle de tranquillité, alors je veux être encore plus gentil. Mais parfois ma gentillesse cache un sourd désir très conscient, on va pas se mentir, très physique. L’envie de séduire passe aussi par l’envie de l’autre tout court. Et même si je ne parviens pas à mes fins, cette envie occupe suffisamment mon imaginaire et mon temps pour que l’issue reste anecdotique.

Au final, qu’est ce qui compte ? L’intention  le résultat ? Sommes-nous en amont ou en aval de ce que les autre perçoivent ?

 

Après la disparition de Narcisse,, on vint réconforter le lac. Les habitants demandèrent au Lac si il était triste de la mort de Narcisse et de ce fait de plus contempler ce beau visage. Celui répondit :

Oscar Wilde a imaginé une autre fin : «  Je suis triste de sa disparition, non pour lui mais parce que je me regardait dans ses yeux quand il se mirait. »

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