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3 décembre 2016 6 03 /12 /décembre /2016 06:59
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Rêve curieux et bizarre l’autre nuit : Dieu était une suite d’algorithme parfaite dont la variable humaine empêchait de  résoudre l’équation de l’infini. Une voix mystérieuse s’approche de moi et me susurre : «  Y’a une couille dans le potage »

Cette expression me rappelle une histoire que m’a raconté mon amie Natalia il y a quelques années. Natalia est une fille intelligente : d’origine polonaise, elle a réussi en quelques années à maitriser notre langue, rencontrer un mec adorable et arriver en agrégation d’économie.

Le premier jour universitaire de l’agrég’ ( c’est comme ça qu’on dit pour faire jeune…), un prof, la quarantaine, vêtue d’une veste en velours , chaussé de lunettes en écaille et remontant sa mèche de cheveux de son front, fait un cours magistral. Pendant une heure, utilisant de phrases style » y’a une couille dans le potage » ou bien «  si ma tante en avait.. », ce professeur use de concept économique et de considération géopolitique ponctués par «  je ne vous apprend rien », laissant ainsi aux étudiants le soin de se sentir brillants - je ne suis pas prof mais tout juste je réveille en vous ce que vous savez déjà-tout en restant le patron. Cours magistral où succinctement il refait et défait  – vous irez à la BU vérifier svp- l’histoire de la macro économie et les mièvreries des défenseurs de la micro-économie. Fier d’avoir  conquis son public, sans note, applaudit par une partie de l’amphi ( ils sont impressionnables à cet âge-là), le prof ravi de son effet et ivre de son succès, demande en fin de discours si « parmi ces jeunes gens, il y aurait, peut-être, une question ». Silence dans l’amphi, puis Natalia lève la main et prend son plus bel accent polonais :

«  C’est quoi une couille dans le potage ? »

Hilarité dans l’amphi, le prof reste coi : l’estrade de son savoir venait de s’écouler tout à coup et sa vanité blessée .

Pour terminer cette petite histoire, il faut vous dire que Natalia n’ira pas souvent en cours. Elle accouchera d’une petite fille pendant l’année universitaire et fera tout son cursus chez elle. Peu de temps avant les examens, elle demande de l’aide à ce si brillant professeur. Il refuse car il a décidé d’aider deux ou trois étudiants triés sur le volet qui auront –peut-être- une chance- comme lui- de décrocher l’agrég.

Sur l’ensemble de cette promotion, seule Natalia aura l’agrégation d’économie !

Je repense souvent à cette veste en velours, distribuant bonne et mauvaise note, sans doute émettant des avis sur le ton de la confidence à ses étudiants, attirant la sympathie tout en maintenant le respect. Il ressemble à tous ces statisticiens qui nous ont vendu l’élection de Clinton ou celle de Juppé. Cette vie n’est pas une suite de logique mathématique. Il arrive parfois, et même souvent, que ce que nous prenons pour logique et acquis nous échappe ou s'échappe de notre réalité.

Dieu est cruel, en créant le monde, il a mis une couille dans le potage.

 

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25 novembre 2016 5 25 /11 /novembre /2016 12:23

En France tout devient politique et tout devient très vite indigeste.

Preuve cette semaine « l’affaire » des affiches sur la prévention du Sida. Un pauvre père de famille lâche dans un tweet : «  Qu’est-ce que je vais dire à ma fille de 8 ans ? »

C’est je crois , le tweet le plus pathétique de cette année. Et oui mon brave monsieur, quand on est père de famille, on se trouve face à des questions et il faut trouver des réponses.

Quand ta fille de  8 ans croise un Sdf dans la rue et que tu passes devant avec elle sans lui donner un seul centime, comment lui expliques-tu que des personnes meurent de faim et que vous ne faites rien ?

Quand ta fille croise les affiches de presse dans la rue et qu’elle voit le portrait de la petite Fiona assassinée par un papa et une maman, comment lui expliques-tu que des parents peuvent faire du mal à leurs enfants ?

Et quand ta fille de 8 ans vous pose des questions : tweetes-vous au monde entier pour avoir des réponses ? Parce qu’alors-là, nous , à un moment donné, on ne peut pas se substituer à ton rôle de père et d’éducateur….

Si tu ne sais pas, ne fais pas de gosses, ou prends des cours ! Le monde qui nous entoure devient complexe,multiple, coloré, joyeux, sombre, exaltant, chaotique, exubérant, fantastique, technologique, marrant, lourdingue,  loufoque,etc... et demain tu devras le raconter à votre fille qui aura 10 ans , puis 15 ans… 

Et au final, pauvre père naïf, on n’y croit pas à ton histoire : ça sent trop la manipulation pour être vrai. Un peu comme le message Fb de ce brave militaire voyant les Crs charger les braves gens de La Manif pour Tous. Comme dirait l'autre, ça sent l'envie de rentrer dans un gouvernement de droite tout ça. Mais si on aspire à des responsabilités, il faut un minimum d'intelligence et l'intelligence commence par pouvoir dire  des choses simples avec des mots simples à des enfants. Parce que les enfants, eux, sont moins bêtes que tu ne le penses.

Et si c’est vrai, on t’imagine au boulot tweeter : «  j’ai fini la cafetière et je n’ai refait de café , qu’est-ce que je vais dire à mes collègues ? » ou «  j’ai grillé un feu rouge et j’ai été flashé, qu’est-ce que je vais dire aux flics ? » ou bien : «  j’suis crevé en ce moment, j’ai plus d’envie, qu’est ce que je vais dire à ma femme ? » ( là on aurait envie de te dire : prends toi e main , mais bon...) etc…

 

Mais à force de jouer au pleurnichard, ta fille va sans doute se lasser de celui qui doit être à ses yeux un super héros et qui se révèle être une super lavette. Puis un jour c’est elle qui tweetera «  Mon père est un abruti, comment lui dire ? »

 

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18 novembre 2016 5 18 /11 /novembre /2016 07:56
Je vous l'avais bien dit que j'étais malade !

,J’ai pris un « coup de froid ». Enfin, ce sont les autres qui le disent : « un coup de froid » comme on dit «  un coup de soleil » ou «  une petite fatigue ». Mais qu’est-ce qu’ils en savent au juste ? C’est peut-être – et même sans doute- plus grave ! J’ai mail au dos, le nez coulant, la tête compressée, le ventre gonflé d’aspirine qui n’en finit pas son effervescence. J’avance péniblement sur le boulevard. Je croise des gens guillerets, d’autres affairés ou absorbés par le début de matinée. Aucun s’inquiète pour moi. A peine remarque-t-on ma toux sèche qui arrache ma gorge, main sur la bouche pour protéger mon prochain de miasmes contagieux .

C’est plus grave. J’en suis sûr. Personne ne veut me faire peur, on me rassure « un petite toux, ce n’est rien », «  un peu de sirop et une bonne nuit de sommeil » ou encore «  un grog ? ».

C’est plus grave, j’en suis sûr. Toutes les maladies commencent par de petits symptômes, des petits riens qui deviennent de grands maux. Et si ça s’trouve, je dois aller à l’hôpital, des tuyaux partout, un moniteur cardiaque. Mes derniers jours avec vous quoi… Oh partir « si jeune », moi qui avais encore tellement de choses à faire, à voir à raconter…. Cette vie est injuste.

Au bout du boulevard, une pharmacie : je vais y entrer et si ,comme les trois autres , me dit aussi que « ce n’est rien », je porte plainte pour non-assistance à personne en danger !

Et sur ma tombe, vous n’aurez qu’à graver : « Je vous l’avais bien dit que j’étais malade »

 

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13 novembre 2016 7 13 /11 /novembre /2016 12:49
A propos du 13 novembre, entendu dans le Tram hier...

Dans le Tram deux hommes d’une quarantaine d’années parlent des événements de novembre 2015. Après avoir retracé les attentats, l’un dit à l’autre :

  • Pour l’autre p’tit con qui est en prison, moi, je le ferai exécuter par un pleton de femme
  • Pourquoi des femmes ?
  • Parce que les combattants djihadistes, si ils sont tués par des femmes , ils vont pas dans leur paradis !
  • Manquerait plus qu’il se tape des vierges après avoir tué des innocents….
  • Un puceau en enfer !
  • Et si il se réincarnait en vierge de son paradis... ? Il se sera  enfin fait sauter !
  • Pas faux ....

 

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9 novembre 2016 3 09 /11 /novembre /2016 18:35


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Stupéfaction en France à l’annonce des résultats de l’élection présidentielle américaine. Les journalistes, improvisés politologues, ont entretenu un suspens digne du Far West, car nous avons vécu ces élections avec  un camp de gentils ( Clinton) et un camp des méchants ( Trump).

Nous nous sommes tous improvisés « spécialistes de l’American way of life » avec de sérieuses convictions et celle surtout qui nous dit que si c’est Trump qui l'emporte, sera terrible… Mais nous ne sommes pas les américains et surtout les choses sont plus nuancées : il n’y a pas les ploucs d’un côté qui votent Trump et qui seraient issus de l’Amérique profonde et de l’autre, les bobs citadins éduqués qui sont issus des villes.

Le populisme est peut-être( et il faut faire attention à ce mot) cette habitude de cloisonner les choses en positif et négatif avec derrière une perception morale de la politique . Car si il y a bien un domaine où ne règne pas la morale, c’est bien celle de la course au pouvoir. Alors avant de s’en retourner à un anti-américanisme primaire, chanson bien connue des années 70/80, prenons cette élection en exemple pour commencer à réfléchir à la nôtre.

Car le populisme n’existerait pas si les électeurs n’y prêtaient pas attention. Finalement, nous faisons vivre ceux que nous détestons et pensons que ceux qui en vivent nous méprisent.

« Elections piège à con » disait-on en 68

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2 novembre 2016 3 02 /11 /novembre /2016 19:45
Un livre, un lieu

L’Anjou, administrativement, n'existe pas. Mais cette province perdure dans la mémoire collective. C'est dans la collection « Le goût de… », au Mercure de France, que Bruno Deniel-Laurent nous propose un  voyage au pays de ses racines. Ce n’est pas la première fois qu’il signe un livre sur sa région ; il a coécrit avec Raphaël Bodin L’Anjou en toutes lettres. Cette nouvelle anthologie nous offre une balade en trente textes. 

L'Anjou est une région qui déborde sur les autres. Ainsi, le texte de Jean Carmet (Un monde d’une tranquille opulence) nous raconte Bourgueil, ville d’Indre-et-Loire, sa ville natale, qui reste pour lui ancrée dans cette région où le Massif armoricain vient mourir. Très attaché à sa terre, Du Bellay, lors de son séjour à Rome, compose les fameux vers d’Heureux qui comme Ulysse, qui sont repris dans ce livre.

Il existe des âmes rebelles prêtes à défendre l’Anjou. Ainsi, Bruno Deniel-Laurent nous raconte le féroce combat de Renée Bordereau. Guerrière farouche, elle s'opposa à toute forme d'obéissance contre les Républicains et l'Empire. Cette histoire sanguinaire contraste avec l'image de l'Angevin décrit par Raphaël Bodin. Pour lui, l’Angevin est humble, a de multiples qualités mais ne les dévoile pas. Mais il est sûr de sa force. En effet, le mot « Anjou » vient de la tribu des Andégaves, les habitants originels de la région. Le mot est constitué du préfixe « ande », qui intensifie, et de « cavaros » qui signifie champion ou héros. Et c'est peut-être ce gène qui a motivé les Cadets de Saumur, comme le raconte Pierre Nord, à résister à l'avance allemande en 1940. 

La particularité de cette région est sa douceur légendaire. Et celle-ci a donné de belles plumes : Du Bellay, Bazin, Gracq. Ce dernier pourtant n'a pas été tendre avec Angers et préférait Nantes. Il considérait Angers « aménagée pour les commodités douillettes d’une fin de vie cossue ». 

L'Anjou est coincé entre deux régions : la Touraine avec ses châteaux et l'avant-garde de la Bretagne. Souvent le touriste saute cette étape pour se rendre dans l'une ou l'autre, se privant de belles découvertes comme le Craonnais, patrie des Bazin, le pays des Mauges (le texte Chanzeaux et les mystères des Mauges de Laurence William Wylie est un guide à lui seul) ou la cathédrale d'Angers. Laissez-vous également transporter par le récit de Stendhal qui raconte son voyage sur la Loire avec un bateau à roue. L'Anjou c'est avant tout, et c'est peut-être là son secret, une atmosphère. Et celle-ci a un ingrédient extraordinaire : la Loire. 

C'est dans cette région qu'elle devient indolente, paresseuse, s'élargit, prend ses aises pour former des îles ou territoires. Attention, rien à voir avec une nonchalance méditerranéenne. La Loire certes flâne dans cette région, mais sans torpeur. C'est Alix de Saint André (Ne varietur) qui décrit le mieux ce qu’apporte le fleuve au caractère des Angevins et elle nous met en garde : « Il ne faudrait jamais regarder couler la Loire, c’est une chose fatale ; après on ne sait plus faire que ça, et le reste est sans importance ». L’Anjou c’est aussi des méandres qui naissent des rivières de la Sarthe, de la Mayenne et de la Maine. Passez un dimanche après-midi sur l'ile Saint Aubin avec John Taylor pour vous en donner une idée.

L'Anjou est aussi une terre de plaisir que procure son vin. Et le meilleur moyen de le connaître c'est de le goûter comme nous le conseillent Curnonsky et Rouff. Dans Éloge des vins d’Anjou, vous saurez tout sur le Layon, les Saumurois et le Saumur Champigny dont « le malheur » est qu’il « est d’une rareté insigne - et qu’on le boit sur place ! » C’est aussi la terre natale du Cointreau, dont l’histoire est racontée par Raphaël Bodin dans Ne prenez jamais la route sans un petit verre de Cointreau.

Tout contribue, la situation géographique, l'Histoire, ses célébrités, ses habitants, à faire de l'Anjou une place à part et même le centre du monde ! Vous apprendrez grâce à Michel Vaissier que des géographes autrichiens et allemands ont déterminé que le point équidistant des territoires habités sur le globe se situe à Montfaucon-sur-Moine, à quelques kilomètres de Cholet. Et si vous êtes encore sceptique sur la renommée mondiale de l'Anjou, sachez qu'il existait des carrières de marbres rares dont l'entrée de l'Empire State Building est recouverte.

Il y a encore beaucoup de choses à découvrir au fil des textes : l'histoire de la Vierge Noire découverte par la reine Yolande d'Aragon, le parler angevin appelé « rimiau », le château de Gilles de Rais, sans oublier la boule de fort et le célèbre crêmet. La préface donne des indications précieuses sur la géographie et géologie de cette province. Les annotations également vous donneront l’envie d’aller sur place!

 

Le goût de l’Anjou, textes choisis et présentés par Bruno Deniel-Laurent, Mercure de France, 128 pp., 8€, ISBN : 978-2-7152-4327-9.  

 

 

 

 

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28 octobre 2016 5 28 /10 /octobre /2016 06:12

Résultat d’images pour taotesqui entendu dans le tram

Deux jeunes discutent des études :

  • Y’a Chloé qu’est partie à Barcelone pour faire Erasmus, c’est géant non ?
  • Moi, tu vois, si j’en avais l’occase, j’partirais bien en Russie…
  • T’es fou ! il fait l’hiver moins 150 degrés ! Les lèvres  sont toujours gercées  et quand tu parles, la buée se transforme en glace direct dans ta bouche !
  • Tu dis n’importe quoi…
  • T’as déjà vu Poutine sourire ?.... Ben non : il fait trop froid !

 

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21 octobre 2016 5 21 /10 /octobre /2016 05:46

J’étais venu ce samedi matin-là en curieux au Festival Wazabi , l’œil déjà rieur et certain d’avoir mille choses à raconter le soir-même. En arrivant à l’heure de l’ouverture des portes, j’ai été impressionné par le monde déjà pressé devant les grilles. Impressionné aussi et  intimidé. Dans la file d’attente ; j’étais coincé entre un Jedi et sa copine  et devant moi , des fans de Naruto qui pour se distraire rejouaient pour leurs plus grand plaisir des scènes d’épisodes. De temps en temps, un guerrier de l’Empire venait défier le Jedi. Le duel durait quelque instants, puis, mon voisin se replace dans la file sous les applaudissement des festivaliers .

« Oh regardez, c’est Deadpool qui passe !» . Mes voisins admirent l'un héros de chez Marvel, moulé dans une tenue rouge. Ici , pas de racisme, on apprécie les costumes, les tenues et peu importe qu’ils proviennent de l’univers japonais ou américains. Avant de rentrer dans la grande salle, quelques Pokémons proposent aux festivaliers des « Free hugs ». En arrivant dans le hall, tout à coup , tout se fige : sur écran géant, défile le générique des Pokémons, chansons reprise en chœur par l’ensemble des festivaliers, exposants sur les tables. Une immense clameur vient terminer la chanson : le festival est enfin lancé.

Je me dirige vers un stand pour acheter dès mangas.

Moi : Que me conseillez vous comme lecture ?

Le vendeur : Pour les trentenaires, je peux te proposer « Le collège fou fou » ou "Cobra"

Trentenaire...me voilà dons flatté…

Moi : euh, c’est plutôt la génération de mon petit frère

Le vendeur : Ah ?; alors pour vous, j’aurais las mangas du début Godorak

 

Ce que je retiens de cette journée haut en couleur, ce sont ces petites filles qui , accompagnées de leur parent, demandent aux ados cosplay, habillés en héros de mangas, des câlins et qui en retour se prêtent volontiers au jeu.

Au-delà de ce que l’on peut dire sur l’univers kitsch et totalement déconnecté de la réalité, l’état d’esprit des festivaliers est sain, réunis simplement par le plaisir du jeux, du déguisement, et du partage de passion commune. J’ai vécu dans une communauté éphémère qui m’a enthousiasmé, moi qui n’ai jamais lu de mangas, parce qu’il y avait  quelque chose de simple et de plaisant .

Et il connaissent leur sujets : j’ai vu un ado aller voir un autre pour lu demander pourquoi dans le tome 4 il avait blessé son héros favori. Puis font semblent de se disputer et rejouent la scène sans complexe.

L’académie française à du soucis à se faire :

les lecteurs de manga sont des lecteurs vivants !

 

 

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14 octobre 2016 5 14 /10 /octobre /2016 06:19

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Depuis bien longtemps l’homme entretient une illusion sur sa propre liberté. Rien vraiment n’émane de soi, outre les stimuli extérieurs tels que le milieu social, la culture ou le pays dans lequel il évolue, il reste de sournoises motivations qui nous échappent.

Bon, après cette mise en garde pompeuse, passons aux choses sérieuses : moi !. Il y a des choses de ma vie que je garde cachées, un peu honteuses mais qui ne seraient pas tout à fait de mon propre fait. Je m'explique :

Je suis dyslexique. C’est un aveux, un constat une thérapie aussi de le dire. Un peu comme si je m’avançais dans le cercle des dyslexiques anonymes : bonjour :je suis Christian et je l’avoue, je suis dyslexique !.

Etre dyslexique ne se remarque pas à prime abord sauf que cela s’entend : confusion entre le « que » et les « gue » , les « che » et les « ge », inversion des syllabes parfois. Mais le plus difficile est sans doute la compréhension de certaines phrases  dans lesquelles le mélange des « ch » ou « ge » peuvent transformer la compréhension de la phrase voire même créer un autre sens au propos que vous tenez. Et là c’est le drame : je fais parfois le contraire de ce que l’on me demande. Grande honte aussi de ma part sur les fautes d’orthographe …. Mais quel est le rapport entre la dyslexie et le signe astrologique de la balance me direz-vous , si vous êtes arrivés à ce stade de ce post ?. Ben , le problème c’est que je suis aussi balance ascendant poisson. Pour le profane, rien d’extraordinaire, plutôt banal même.

Mais pour les fins connaisseur dont  vous êtes, vous aurez remarqué que la balance cherche avant tout l’équilibre et fuit le conflit. C’est une habitude de ma personnalité, fuir dès lors que le ton monte ( ah, je vois que vous me connaissez bien maintenant…)

Et bien le cerveau du dyslexique fonctionne comme une balance : il compense ce qu’il perçoit comme un danger. Dans le cadre de la lecture ou de l’écriture, le cerveau va regarder la globalité du mot ou de la phrase sans se soucier du détail  comme l’orthographe ou le sens. Il corrige systématiquement comme la balance se corrige systématiquement pour retrouver l’équilibre qui la caractérise.

Si on ne prend pas en charge rapidement l’enfant dyslexique, il risque comme moi, de lire tard, comprendre les phrases à l’envers et commettre de fautes de syntaxe ou d’orthographe. Le cerveau corrige et ne laisse pas de liberté d’agir .

Balance ascendant dyslexique, double peine mais peine pour celui qui le porte : esquiver les conflits comme certaines formes de langage pour s’en sortir sans trop de mal , laisser les autres s’en moquer sans vouloir s’expliquer et sentir l’impuissance de résoudre le problème.

Le grand Maître Krishnamuurti nous enseigne qu’il faut se libérer de notre conditionnement en ayant conscience du problème. Et en même temps vouloir se libérer c’est créer une tension envers ce problème, c’est créer un autre problème .  La balance est ravie de l’apprendre, le dyslexique pense que peut- être il n’a pas tout su comprendre….

 

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13 octobre 2016 4 13 /10 /octobre /2016 05:08

Publié le 10/10/2016 par Christian Dorsan

Un livre, un lieu

L’Anjou, administrativement, n'existe pas. Mais cette province perdure dans la mémoire collective. C'est dans la collection « Le goût de… », au Mercure de France, que Bruno Deniel-Laurent nous propose un voyage au pays de ses racines. Ce n’est pas la première fois qu’il signe un livre sur sa région ; il a coécrit avec Raphaël Bodin L’Anjou en toutes lettres. Cette nouvelle anthologie nous offre une balade en trente textes.

L'Anjou est une région qui déborde sur les autres. Ainsi, le texte de Jean Carmet (Un monde d’une tranquille opulence) nous raconte Bourgueil, ville d’Indre-et-Loire, sa ville natale, qui reste pour lui ancrée dans cette région où le Massif armoricain vient mourir. Très attaché à sa terre, Du Bellay, lors de son séjour à Rome, compose les fameux vers d’Heureux qui comme Ulysse, qui sont repris dans ce livre.

Il existe des âmes rebelles prêtes à défendre l’Anjou. Ainsi, Bruno Deniel-Laurent nous raconte le féroce combat de Renée Bordereau. Guerrière farouche, elle s'opposa à toute forme d'obéissance contre les Républicains et l'Empire. Cette histoire sanguinaire contraste avec l'image de l'Angevin décrit par Raphaël Bodin. Pour lui, l’Angevin est humble, a de multiples qualités mais ne les dévoile pas. Mais il est sûr de sa force. En effet, le mot « Anjou » vient de la tribu des Andégaves, les habitants originels de la région. Le mot est constitué du préfixe « ande », qui intensifie, et de « cavaros » qui signifie champion ou héros. Et c'est peut-être ce gène qui a motivé les Cadets de Saumur, comme le raconte Pierre Nord, à résister à l'avance allemande en 1940.

La particularité de cette région est sa douceur légendaire. Et celle-ci a donné de belles plumes : Du Bellay, Bazin, Gracq. Ce dernier pourtant n'a pas été tendre avec Angers et préférait Nantes. Il considérait Angers « aménagée pour les commodités douillettes d’une fin de vie cossue ».

L'Anjou est coincé entre deux régions : la Touraine avec ses châteaux et l'avant-garde de la Bretagne. Souvent le touriste saute cette étape pour se rendre dans l'une ou l'autre, se privant de belles découvertes comme le Craonnais, patrie des Bazin, le pays des Mauges (le texte Chanzeaux et les mystères des Mauges de Laurence William Wylie est un guide à lui seul) ou la cathédrale d'Angers. Laissez-vous également transporter par le récit de Stendhal qui raconte son voyage sur la Loire avec un bateau à roue. L'Anjou c'est avant tout, et c'est peut-être là son secret, une atmosphère. Et celle-ci a un ingrédient extraordinaire : la Loire.

C'est dans cette région qu'elle devient indolente, paresseuse, s'élargit, prend ses aises pour former des îles ou territoires. Attention, rien à voir avec une nonchalance méditerranéenne. La Loire certes flâne dans cette région, mais sans torpeur. C'est Alix de Saint André (Ne varietur) qui décrit le mieux ce qu’apporte le fleuve au caractère des Angevins et elle nous met en garde : « Il ne faudrait jamais regarder couler la Loire, c’est une chose fatale ; après on ne sait plus faire que ça, et le reste est sans importance ». L’Anjou c’est aussi des méandres qui naissent des rivières de la Sarthe, de la Mayenne et de la Maine. Passez un dimanche après-midi sur l'ile Saint Aubin avec John Taylor pour vous en donner une idée.

L'Anjou est aussi une terre de plaisir que procure son vin. Et le meilleur moyen de le connaître c'est de le goûter comme nous le conseillent Curnonsky et Rouff. Dans Éloge des vins d’Anjou, vous saurez tout sur le Layon, les Saumurois et le Saumur Champigny dont « le malheur » est qu’il « est d’une rareté insigne - et qu’on le boit sur place ! » C’est aussi la terre natale du Cointreau, dont l’histoire est racontée par Raphaël Bodin dans Ne prenez jamais la route sans un petit verre de Cointreau.

Tout contribue, la situation géographique, l'Histoire, ses célébrités, ses habitants, à faire de l'Anjou une place à part et même le centre du monde ! Vous apprendrez grâce à Michel Vaissier que des géographes autrichiens et allemands ont déterminé que le point équidistant des territoires habités sur le globe se situe à Montfaucon-sur-Moine, à quelques kilomètres de Cholet. Et si vous êtes encore sceptique sur la renommée mondiale de l'Anjou, sachez qu'il existait des carrières de marbres rares dont l'entrée de l'Empire State Building est recouverte.

Il y a encore beaucoup de choses à découvrir au fil des textes : l'histoire de la Vierge Noire découverte par la reine Yolande d'Aragon, le parler angevin appelé « rimiau », le château de Gilles de Rais, sans oublier la boule de fort et le célèbre crêmet. La préface donne des indications précieuses sur la géographie et géologie de cette province. Les annotations également vous donneront l’envie d’aller sur place!

Le goût de l’Anjou, textes choisis et présentés par Bruno Deniel-Laurent, Mercure de France, 128 pp., 8€, ISBN : 978-2-7152-4327-9.

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