Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
12 juillet 2016 2 12 /07 /juillet /2016 07:48
Repost 0
Published by taotesqui.over-blog.com
commenter cet article
8 juillet 2016 5 08 /07 /juillet /2016 06:54

C’est fou comme un simple titre peut vous faire voyager.

C’est le directeur du Collège qui était le prof de musique et d’espagnol. Sans doute occuper par l’administratif, il nous a demandé de fermer les yeux et d’écouter Dans les Steppes de l’Asie Centrale. Bien sûr je suis dissipé et commence faire le guignol :

« Christian ! Ferme les yeux ! Tu la vois la caravane passer au loin ? La musique est douce au départ, c’est pour nous indiquer quelle est loin de nous, mais écoute bien, la musique va s’amplifier, la caravane va passer près de nous. Imagine-la. Tu la vois ? »

Eh bien oui, je l’ai vu cette caravane, et j’ai aimé avec lui la musique classique.

Il y a quelques années, je me rendais à La Folle Journée pour écouter la 5eme de Mahler. Je l’ai appelé. Il ne pouvait pas répondre au téléphone et j’ai discuté avec sa femme. Elle se souvenait de moi, de ma famille. Je lui dit que je souhaitais le remercier car c’est grâce à lui que j’aime la musique aujourd’hui. Elle me confiera que je ne suis pas le seul à le lui dire et que beaucoup d’anciens élèves l’ont remercié pour cette raison.

Maintenant qu’il n’est plus là, à chaque concert, quand le chef d’orchestre lève sa baguette pour débuter le concert, il y a un court moment de silence, une toute petite intervalle comme si on retenait sa respiration. Dans ce moment suspendu, je lui dédie le concert.

Repost 0
Published by taotesqui.over-blog.com
commenter cet article
1 juillet 2016 5 01 /07 /juillet /2016 04:45

Je m’adresse dans ce post aux plus jeunes : si un jour vos grands parents vous reprochent vos goûts musicaux, n’oubliez pas de leur parler de La Danse des Canards !

Sorte de Macarèna datant du début des années 80, cette ridicule danse demandait un déhanché particulier non-dénué de sensualité.

Mais saviez-vous que ce titre a été écrit en 1963 et repris en version électronique-pop dans les années 70 avant de nous être servi début 80 dans cette version qui reste à jamais gravée dans nos gênes.

Il se vendra 2,5 mimions de 45 tours en 1983 ! En France c’est JJ Lionel ( à qui nous devrons plus tard : Moi je dois faire pipi) qui en sera l’interprète. Cette chanson sera adaptée dans toutes les langues.

Il fallait voir l’hystérie collective qui s’emparait des bals au moment de la Danse des Canards : petits et grands dans un effort commun gesticulant en groupe. Non , ce n’était pas le Madison, mais cette pitrerie réunissait les générations qui se moquaient d’elles-mêmes : on dansaient pour rire.

La chorégraphie est de Eric Genty, qui , aujourd’hui septuagénaire, anime toujours des bals en Belgique.

Heureusement que Fb et les réseaux sociaux n’existaient pas à l’époque : le ridicule aurait fait de nombreuses victimes !

Repost 0
Published by taotesqui.over-blog.com
commenter cet article
25 juin 2016 6 25 /06 /juin /2016 05:55
Brexit , une farce à la Fellini

La littérature, le théâtre, l’art et la culture en général, servent à nous donner des points de repère ou des bases dans lesquelles nous puisons pour comprendre notre environnement. Sinon à quoi serviraient-ils ?

En regardant de près l’actualité , la montée populiste me fait penser à Fellini. Dans tous ses films , il y a le personnage fasciste ridicule, d’une naïveté affligeante, prêt à être de tous les rassemblements, de toutes les discussions mais qui est très loin de comprendre les enjeux. En voyant la campagne du Brexit, le balourd fasciste de Fellini me revenait en mémoire : cette surenchère pour pouvoir exister est d’un pathos affligeant. Le Brexit est une farce fellinienne.

Le problème de la montée du populisme est cette surenchère de repli sur soi, dénonçant l’Europe, les migrants comme responsables de la faillites des états. La vérité, c’est 40 ans de réglementation, d’utilisation de l’Europe comme bouc émissaire pour masquer l’incompétence et le manque d’idées de nos dirigeants.

Il faut un autre style de démocratie et pour commencer chez nous : plus de président, un chef du gouvernement élu par une assemblée où tous les courants seraient représentés et des lois votées à l’unanimité et plus à la majorité.

Une Europe qui arrête cette frénésie libérale et cette hystérique réglementation qui , vu de l’extérieur, est le fruit de lobbying et de tractations.

Des médias responsables qui nous informent sur ce qu’il se passe réellement avec les subventions, les enjeux, les autres petits pays européens etc..

Des politiques qui ne rejettent plus la fautes sur l’Europe pour justifier leurs erreurs.

Le Brexit est peut-être une bonne chose qui arrive en Europe.

Le Brexit est seulement une légalisation de ce qui était de fait : une Grande Bretagne qui n’a jamais cru dans une Europe politique. Elle a le Commonwealth et de par sa langue, elle est présente partout dans le monde alors que l’Europe cherche à accroitre son territoire pour peser contre la Russie qui rêve de recréer une autre Urss avec l’Asie. Peut-être que l’Europe créée pour préserver la Paix a utilisé finalement une arme de guerre dans l’expansionnisme.

Le risque est de voir les nationalistes de tout pays prendre l’exemple sur le Brexit pour exister dans leur propre pays car la solution n’est pas de sortir de l’Europe, mais peut-être de la repenser. L’Angleterre ne sort pas victorieuse ; demain, c’est la fin de la Grande Bretagne, l’Ecosse et l’Irlande ont voté pour le maintien sortiront de l’Union Jack.

Le spectacle Fellinien va alors débuter dans tous les pays ou les Le Pen et consort pour peser dans leur électorat, voudront leur Brexit. Et regardez bien de plus près : tous ceux qui dénoncent l’Europe sont les champions de l’absentéisme au parlement.

Fellini nous aurait fait un super film, grossier à souhait sur le travers de la politique, haut en couleur comme savent le faire les italiens, Fellini ridiculisait les mussoliniens dans ses films parce ceux qui le faisait vivre étaient ridicules. Mais il ne faut pas se tromper, Fellini voyait dans le fascisme « une autobiographie d’une nation ».

Il reste cependant que ces personnages , qu’ils soient grossiers, élégants, réalistes, étaient des personnages attachant, la bêtise était plus forte que la méchanceté. Fellini nous avait donné les ficelles pour comprendre nos hommes politiques : plus bêtes ( et arrivistes) que méchants.

Repost 0
Published by taotesqui.over-blog.com
commenter cet article
25 juin 2016 6 25 /06 /juin /2016 05:46
Brexit, une farce à la Fellini

La littérature, le théâtre, l’art et la culture en général, servent à nous donner des points de repère ou des bases dans lesquelles nous puisons pour comprendre notre environnement. Sinon à quoi serviraient-ils ?

En regardant de près l’actualité , la montée populiste me fait penser à Fellini. Dans tous ses films , il y a le personnage fasciste ridicule, d’une naïveté affligeante, prêt à être de tous les rassemblements, de toutes les discussions mais qui est très loin de comprendre les enjeux. En voyant la campagne du Brexit, le balourd fasciste de Fellini me revenait en mémoire : cette surenchère pour pouvoir exister est d’un pathos affligeant. Le Brexit est une farce fellinienne.

Le problème de la montée du populisme est cette surenchère de repli sur soi, dénonçant l’Europe, les migrants comme responsables de la faillites des états. La vérité, c’est 40 ans de réglementation, d’utilisation de l’Europe comme bouc émissaire pour masquer l’incompétence et le manque d’idées de nos dirigeants.

Il faut un autre style de démocratie et pour commencer chez nous : plus de président, un chef du gouvernement élu par une assemblée où tous les courants seraient représentés et des lois votées à l’unanimité et plus à la majorité.

Une Europe qui arrête cette frénésie libérale et cette hystérique réglementation qui , vu de l’extérieur, est le fruit de lobbying et de tractations.

Des médias responsables qui nous informent sur ce qu’il se passe réellement avec les subventions, les enjeux, les autres petits pays européens etc..

Des politiques qui ne rejettent plus la fautes sur l’Europe pour justifier leurs erreurs.

Le Brexit est peut-être une bonne chose qui arrive en Europe.

Le Brexit est seulement une légalisation de ce qui était de fait : une Grande Bretagne qui n’a jamais cru dans une Europe politique. Elle a le Commonwealth et de par sa langue, elle est présente partout dans le monde alors que l’Europe cherche à accroitre son territoire pour peser contre la Russie qui rêve de recréer une autre Urss avec l’Asie. Peut-être que l’Europe créée pour préserver la Paix a utilisé finalement une arme de guerre dans l’expansionnisme.

Le risque est de voir les nationalistes de tout pays prendre l’exemple sur le Brexit pour exister dans leur propre pays car la solution n’est pas de sortir de l’Europe, mais peut-être de la repenser. L’Angleterre ne sort pas victorieuse ; demain, c’est la fin de la Grande Bretagne, l’Ecosse et l’Irlande ont voté pour le maintien sortiront de l’Union Jack.

Le spectacle Fellinien va alors débuter dans tous les pays ou les Le Pen et consort pour peser dans leur électorat, voudront leur Brexit. Et regardez bien de plus près : tous ceux qui dénoncent l’Europe sont les champions de l’absentéisme au parlement.

Fellini nous aurait fait un super film, grossier à souhait sur le travers de la politique, haut en couleur comme savent le faire les italiens, Fellini ridiculisait les mussoliniens dans ses films parce ceux qui le faisait vivre étaient ridicules. Mais il ne faut pas se tromper, Fellini voyait dans le fascisme « une autobiographie d’une nation ».

Il reste cependant que ces personnages , qu’ils soient grossiers, élégants, réalistes, étaient des personnages attachant, la bêtise était plus forte que la méchanceté. Fellini nous avait donné les ficelles pour comprendre nos hommes politiques : plus bêtes ( et arrivistes) que méchants.

Repost 0
Published by taotesqui.over-blog.com
commenter cet article
18 juin 2016 6 18 /06 /juin /2016 05:42
Dans Le Déficit indispensable d’Anne Kawala, le personnage principal et une chasseuse-cueilleuse des temps modernes. Une narration poétique autour de l’émancipation et du courage. Lecture de Christian Dorsan.

Les chasseurs-cueilleurs sont les premières tribus répertoriées. Elles sont nomades, se déplacent en groupe et luttent pour leurs survies. Le personnage principal du nouveau livre de poésie d'Anne Kawala, Le Déficit indispensable, est une chasseuse-cueilleuse des temps modernes : circulant à bord de son Humer qui transporte un canot de survie, elle se déplace au pôle nord pour rejoindre la Chine. Sa tribu? Un jeune garçon dont on ne sait pas grande chose et un nouveau né. On ne sait pas comment elle est arrivée là ni quoi – ou qui – elle fuit. Mais la chasseuse-cueilleuse vit dans l'urgence et doit faire face aux évements de la nature hostile.

Des anthropologues pensent qu'au temps des chasseurs-cueilleurs, il n'y avait aucune différence physique entre homme et femme car ils avaient le même rôle dans la tribu. Cela tombe bien, notre héros est une femme qui a tous les attributs du héro masculin par excellence : elle anticipe le naufrage du Humer qui s'est égaré sur la banquise qui de détache du pôle, elle est équipée d'armes et semble les maitriser. Anne Kawala casse les codes d'héros virils en mettant dans les mains de sa chasseuse le destin de sa mini-tribu.

Ordinairement, ce sont les femmes qui se greffent à une histoire de fuite, elles suivent ou elles restent sur leur frustration. L’homme en reste le héro qui, s’il séduit la femme dans sa fuite, lui redonne la sympathie qu’il avait perdu au départ de son aventure sanglante. La femme est-elle résignée à rester un élément décoratif de la rédemption de la gente masculine ?
Ici, l’homme n’existe pas, c’est la femme qui seule gère les événements et guide. Elle emporte ce garçon et ce nouveau-né (dont on pense que c'est le sien), ne fait pas de sentiment, se montre en revanche confiante et pédagogue. Elle déborde d'énergie et de courage. Et du courage, Anne Kawala sait le rendre par une architecture des mots.

Une architecture de la page innovante : sur une page blanche, elle met en scène deux trois mots soigneusement placés pour nous peindre un paysage. Cette forme d’écriture est proche du graphisme. Elle rend vivant les situations : lorsque les personnages dérivent, elle nous le restitue par une dérive de mots, de langues différentes, la disposition des mots nous décrivent ce périple tumultueux, le lecteur dérive en même temps que les héros. Et ceci est une réelle performance. Architecture de la page, mélange sans heurts de l'anglais, du français. Un style dépouillé qui va à l'essentiel, des répétitions de groupe de mots pour rendre l'urgence et le drame du voyage.

Le lecteur prend en cours une histoire dont nous ne saurons jamais le début, le pourquoi et il partage très vite le destins des trois personnages. Un poème vient comme un souffle après le voyage des héros, donne une profondeur au milieu du drame. On ne se pose pas de question en lisant la fuite, la dérive de la banquise, le voyage chaotique en canot de survie et l'échouage des protagonistes. Chacun joue sa survie même ceux qui vont les sauver. Le garçon est recueilli par des enfants qui, eux-aussi, jouent leur survie dans une sorte de soumission à un ordre bien établie que notre héro souhaite renverser comme l’a sans doute fait la chasseuse cueilleuse au départ de cette histoire. Je ne vous en dirai rien de plus, il faut se faufiler sur la banquise et se retrouver dans la mangrove pour connaître le désarroi et l'envie de survie.

Lire Le déficit indispensable c'est se laisser surprendre par une forme narrative nouvelle, vivante. Anne Kawala réinvente la littérature et ça fait du bien d'être bousculé. Reste quand même à la fin, un trouble sur cette histoire, une envie d'en savoir plus ou une suite. Quelque chose "d'encore", une émotion qui nous laisse étourdis d'avoir bravé l'académisme de nos anciennes lectures et accros déjà de ce nouveau mode d'écriture. Vous souhaitez une expérience ? Vous souhaitez vivre pleinement ce que vit un personnage en quête d'émancipation Vous n'avez qu'à tourner les pages de ce livre novateur et hors norme.

Émancipation, c'est bien de cela dont il s'agit: émancipation de cette femme face aux codes masculins, affranchissement de cette héroïne, émancipation par le retour à la source par l’action et non de la différenciation :

“au seuil,
son cœur est sa force, son débit,
sa douceur et sa rage écoutées,
chaque escarpement, chaque
variation saisonnière observée,
tout se noue et s’emporte”.

Émancipation aussi du style littéraire, en inventant tout un monde dans lequel le lecteur plonge immédiatement, sans préambule et avec délice.

Le Déficit indispensable, par Anne Kawala, Éditions Al Dante, 146 pp., 17€, ISBN: 978-2-84761-748-12

Liens :

Le site d’Anne Kawala

Ce livre sur le site de l’éditeur

Repost 0
Published by taotesqui.over-blog.com
commenter cet article
17 juin 2016 5 17 /06 /juin /2016 07:02
La Fontaine, Fassbinder et la tuerie d'Orlando

« La raison du plus fort est toujours la meilleure » a écrit La Fontaine. A cette époque cet adage était peut-être vrai, cependant l’Humanité a trouvé le moyen de contourner cette loi.

Le plus fort n’est pas celui qui détient la force.

Il n’est plus besoin de montrer ses gros bras pour faire peur et assouvir les autres. Les gourous des sectes ont bien compris depuis longtemps, ainsi que nos hommes politiques, que la pression psychologique, la dépendance du groupe et la culpabilité, pouvaient remplacer la force. Monter ses biceps n’est un jeux de hooligans imbibés de bière.

Le plus fort n’est pas celui qui détient le pouvoir.

Dans le film « Le droit du plus fort » de Fassbinder, ce n’est pas celui qui a gagné l’argent qui domine mais celui qui le dépense. Film noir , farce sociale où le naïf issu de la base, gagne au loto une forte somme d’argent. Très vite entouré de requins vivant d’artifice, il va se faire plumer rapidement et mourir seul dans le métro de Berlin. L’argent est dépensé par un gigolo aisé, et c’est ce gigolo qui a le dernier mot, le dernier sou. Le pouvoir de l’argent n’est pas à celui qui le possède, mais celui qui le dépense au détriment du détenteur.

Le plus fort n’est pas celui qui se sacrifie…

La mode en ce moment est plein de désœuvrés volontaire pour prêter allégeance à n’importe qui et d’aller se sacrifier au nom d’un idéal . L’idéal puise dans la soif de reconnaissance et la frustration, une pléthore de candidats au martyr. Sauf que celui que se croit fort en se sacrifiant, est le dupé de l’histoire. L’Histoire conservera en mémoire que c’est un homo refoulé qui a exécuté des gays parce qu’il se trouvait pervers ! Peu importe que ce soit un raccourci, peu importe si la vérité est plus complexe, ce qui restera c’est que ce tueur a finalement tué ce qu’il était et détestait chez les autres. De martyr il passe au statut de ridicule et ce pour l’éternité. Petite nuance cependant, ce que notre histoire retiendra, ce n’est pas forcement ce qu’ailleurs on retiendra, mais l’effet escompté ne sera pas le même : en règle générale, un frustré fait moins peur qu’un terroriste. Mais le plus fort reste celui qui témoigne et laisse sa vérité comme unique vérité et tant pis pur les perdants ; l'Histoire a toujours était écrite par les vainqueurs.

Le droit du plus fort est une farce, c’est l’orgueil qui mène le jeux, celui qu’en fout d’être plus, mieux etc.., c’est lui le plus fort, parce qu’il a le désintéressement suffisant pour se mettre au-dessus de tout ça. A Orlando, s’est joué une farce cruelle assez représentative de notre monde. Le prêt-à-porter d’idéaux en ligne, version 2.0 , l’importance de soi par l’émulation qu’offre la toile. Finalement, l’accès aux infos par internet n’ouvre pas l’esprit, il le conforte dans les idées.

Le film de Fassbinder nous laisse un goût amer , la tuerie d’Orlando nous laisse un goût de tristesse , nous renvoyant à notre propre solitude lors de la découverte de nos différence. Mais heureusement que tous ceux qui se sentent différent ne deviennent pas des assassins , il n’y aurait plus personne sur terre !

Pauvre guignol d’Orlando, au panthéon de la bêtise, tu as ta statue de marbre. Dommage que cette postérité doive passer par le deuil des autres.

Repost 0
Published by taotesqui.over-blog.com
commenter cet article
11 juin 2016 6 11 /06 /juin /2016 06:33
Bas les masques (2)

Nous voulons une image de nous policée, viable de l’extérieur, un reflet parfait de soi. Mais c’est au travers de nos désordres, de nos maladresses que nous nous montrons réellement . On finit toujours par se trahir et tenter de ressembler à ce que l’on souhaite être sans efforts est un leurre, une énergie dépensée pour rien.

Ce sont finalement les blessés, les mauvais caractères ou les généreux, les grands cœurs qui restent. Ceux qui avancent sans se poser la question de l’autre, de la critique, de ce qui environne .

Repost 0
Published by taotesqui.over-blog.com
commenter cet article
3 juin 2016 5 03 /06 /juin /2016 17:55
Bas les masques (1)

Nous sommes toujours en représentation . Dès lors que l’on quitte son domicile, on prend un costume de l’activité qui nous pousse au-dehors de notre chez nous.

Le monde est une pièce de théâtre permanente où seuls les entractes nous permettent d’être réellement nous. Comment ne pas finir schizophrène dans un monde où on exige de plus en plus ne pas être soi-même mais simplement une option d’achat de ce que l’on propose. Et pas de Service Après-Vente, débrouilles toi avec toi-même quand le point de rupture arrive et que rien ne semble l’arrêter.

On ne peut pas aimer tout le monde, alors à défaut, ne pas détester me semble approprié. C’est pour cela que rester seul est la seule issue qui garantisse notre intégrité. Loin des autres , des paroles faciles et des jugements vaniteux. En rentrant dans la cathédrale Saint Jean de La Valette, on marche sur des vanités qui te répètes : « tu n’es que poussière ». Que veux-tu emporter dans ta tombe puisque tu ne seras plus ? Que veux-tu être sinon un vieux souvenir ? Il servent à quoi ces masques que l’on superpose à en étouffer ?

La vie n'est qu'une ombre qui passe, un pauvre acteur
Qui s'agite et parade une heure, sur la scène,
Puis on ne l'entend plus. C'est un récit
Plein de bruit, de fureur, qu'un idiot raconte
Et qui n'a pas de sens.

(Macbeth William Shakespeare)

Repost 0
Published by taotesqui.over-blog.com
commenter cet article
28 mai 2016 6 28 /05 /mai /2016 06:17
Dans une petite rue du sud

Sa voix éraillée abolissait son âge, seules les cernes, ses cheveux longs et ses joues creuses pouvaient donner une indication sur les années passées en galère. Elle était assise sur le trottoir côté ombre et roulait une cigarette. Côté soleil, elle avait déployé un grand foulard sur lequel étaient disposés des objets "à vendre" : deux ou trois livres, une statue africaine en bois, un brûle encens et des balles de jonglage.

Un étudiant s'arrête devant le stand éphémère et se penche sur le quatrième de couverture d'un des livres. Elle l'interpelle :

" C'est quoi pour toi qui est plus fort que la peur ?

L'étudiant embarrassé cherche du regard dans la foule un secours, une réponse. Je fuis sa demande et stoppe quelques mètres après. Elle répète plus fort :

- C'est quoi pour toi qui serait plus fort que la peur ?

- Je ne sais pas ...

- Tu crois pas qu' c'est l'amour ?

- J'y pensais, mais je trouvais cela trop évident alors je n'osais pas le dire.

Je regarde la scène amusé, mais , moi, qu'aurai-je répondu ? C'est peut-être l'idée de la rédemption qui est la plus forte, l'idée que l'on peut se soigner seul, guérir de ses blessures, s'en réchapper et puis en sourire. Oui, sourire, c'est ça qui est le plus fort de tout, sourire aux passants, à la peur qui s'enfuie, sourire à l'étudiant embarrassé, à l'ombre du trottoir , à la voix éraillée et à ses années de galère.

Je me tourne vers elle, et pendant que l'étudiant paye son livre, je lui offre un grand , immense sourire. Elle hurle alors :

- Et m'sieur ! zavez tout compris vous !

Je la remercie poliment, et continue mon voyage dans cette rue mi-ombre, mi-soleil du sud.

Repost 0
Published by taotesqui.over-blog.com
commenter cet article

Présentation

Profil

  • taotesqui.over-blog.com
  • C'est dans la profondeur du quotidien que l'on découvre l'extraordinaire c'est en partant de cette citation que je vous propose de m'accompagner sur un chemin...
  • C'est dans la profondeur du quotidien que l'on découvre l'extraordinaire c'est en partant de cette citation que je vous propose de m'accompagner sur un chemin...

Recherche

Liens