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30 août 2016 2 30 /08 /août /2016 05:18

« Comment as-tu trouvé le film ?

- Quel film ?

- On sort du cinoche je te signale…on vient de voir « Parle avec elle »….

- Je n’ai entendu que la musique ! »

Je sors du petit cinéma derrière la gare de Montpellier dont j’ai oublié le nom, et je ne me souviens pas de ce que j’ai vu mais uniquement de ce que j’ai entendu. La bande son est extraordinaire : un mélange de classique et de flamenco. Je pars aussitôt acheter le Cd.

Je ferai la même la même chose quelques années après avec le film A Single Man. Ces deux Cd de film et celui de bruno Rodriguez Haney, sont toujours à portée de main.

Ces trois musiques de films ( Habla con ella, A single Man et Illian ) sont mes trois musiques qui accompagnent l'écriture ou mes silences. Ils me transportent dans un monde où tout est sensible, où l'on comprend ce qui nous entoure par le seul fait que la pensée disparaît au profit d'un état de bien être. On devrait toujours vivre avec ce type de musique et dans un film d'Almodovar : un monde coloré, fou, humain, hystérique et d'amour.

Dernière carte musicale.

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26 août 2016 5 26 /08 /août /2016 05:31

« Je préfère qu’on prenne du recul…. »

Je me suis tellement amusé de cette phrase passe partout pour éviter un « je te quitte », qu’il faut à mon tour l’entendre.Je prends la voiture , 40 kilomètres à avaler en ligne droite. C’est deux heures ou trois heures du matin. Et je vais finir ma nuit seul, chose qui ne m’est plus arrivé depuis 7 sept ans. Pendant que eux sortent de boite, enlacés , heureux de profiter de leur, enfin, première nuit, sur la grande ligne droite j’accélère en essuyant mes larmes qui envahissent le pare-brise. Une K7 de Bowie à portée de main. Aux premiers sons de sa voix, je me gare sur le bas-côté et m’effondre en larmes

Longue errance avec moi-même. Je rêve parfois de me jeter de la colline pour m’écraser sur le tapis de leur chambre. Les éclabousser de sang, rendre leur appartement maculé d’hémoglobine er de l'odeur de mes viscères. Ma colère le vaut bien, mon amour propre blessé, mon orgueil mis à mal. C’est tout ce que j’avais comme arrogance de l’image mon couple qui s’écroule.

Arrogant, jaloux, orgueilleux, quand je pense à ce que j’étais, à qui j’étais avant cette nuit-là, avant cette phrase-là. Et je vais vivre de longs mois où la seule espérance qui me fait tenir est celle de partager ma désillusion de ce monde, dire que le bonheur n'est qu'un leurre et vivre comme une injustice le bonheur des autres.

Et cette voix de Bowie...

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21 août 2016 7 21 /08 /août /2016 09:41

Nirvana est un groupe qui m’accompagne pendant mon travail de nuit. Je suis gardien de nuit. Je passe mon temps dans un ageco qui tremble sous le Mistral. On y a froid l’hiver et c’est une étuve l’été.

J’écoute la radio toutes les nuits, et à cette époque, on est fan de Nirvana. L’album MTV Unplugged, album acoustique, est un chef d’œuvre , pour moi bien sûr… Il sort peu de temps avant le suicide de Kurt Cobain.

Y’a un drôle de type qui appelle tous les soirs à la même heure : il croit tomber sur SOS Amitié, et me déballe sa vie qui est loin d’être comique mais qui n’a rien de tragique. Je garde aussi l’entrée d’une usine chimique, certaines nuits orageuses de juillet, l’odeur est tellement forte que j’en vomis. Et puis j’ai passé un réveillon dans un bureau incendié en pleine cité Hlm : un mec tente de piquer ma bagnole, s’aperçoit de ma présence, me souhaite une bonne année avant de détaler .

C’est aussi dans un ageco de parking que j’apprends un autre suicide, celui de Yves Navarre….mais comment expliquer à mes collègues de travail que je suis triste de la disparition de l’auteur du Jardin d’Acclimatation, Le Petit Galopin de nos Corps etc….quand eux ne lisent que le Midi Libre ?

Y’a de quoi être désenchanté…

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17 août 2016 3 17 /08 /août /2016 06:05

Fred habitait un studio nichait au fond d’un jardin dans un hôtel particulier à Nîmes. Il y avait toujours en sourdine un disque des Pink Floyd. Quand on venait le voir, on ne pouvait plus repartir : « Encore un titre, écoute-ça.. » et d’un titre à l’autre, on écoutait un, deux trois albums de Pink Floyd ….

J’étais étudiant ( du moins j’avais la carte d’étudiant) à Nîmes l’année des inondations.

Je suis en coloc’ dans une petite maison située derrière la gare. Elle deviendra rapidement l’Auberge Espagnole : un ami est assistant d’anglais dans un lycée, et chaque soir ramène un assistant d’un autre pays. Nous aurons à table un tchèque, une espagnole, une italienne et un allemand…et Fred ramène ses disques de Pink Floyd et les soirées sont sans fin. Je garde de bon souvenirs de cette période, je ne ferais pas de bonnes et logues études, mais j’ai apprécié cette ville.

J’ai essayé d’aller voir Fred pendant les inondations mais impossible d’accéder à sa rue. Nîmes est un spectacle de désolation : on voit des voitures empilées barrant les rues, des passants hagards et le bruits des hélicos en permanence au-dessus de la ville.

A la fin de l’année scolaire, Fred me donne l’album The Wall .

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11 août 2016 4 11 /08 /août /2016 17:07

Premier titre sur l’album concert de Thièfaine en 1983 : Les Dingues et les Paumés. Un des rares albums que j’ai racheté en Cd après que le Rhône ait emporté mes vinils dans une crue. Je m’amusais à écouter le titre Alligator 427 dans le noir absolu, sur ma chaîne volume à fond dans le casque que mes parents m’avait offert pour Noël. Pour les plus jeunes, une chaîne stéréo est un meuble volumineux qui comprend : une platine disque, un tuner pour la radio et un élément pour les K7.

J’avais un modèle de base, mais j’étais fier de la prouesse de mettre le saphir au début du disque sans que celui ne dérape ou aille se poser un peu plus loin. Il fallait manipuler le bras et bien l’orienter.

Bref, revenons à Thèfaine : au lycée, dès qu’un album sortait, on l’enregistrer à tour de rôle sur des K7. Ces textes sont sombres, c’est un véritable univers que l’on ne retrouve pas ailleurs. On jouait à se faire peur, on se croyait nous aussi dingues et paumés en l’écoutant, ou naviguant sur je ne sais quelle mer démontée par le hasard d’un houle qu’on pensait sortir de nulle part. Pantins désarticulés d’un méfiance envers ce quotidien qui nous attendait si terne, seul le rock peut t’entraîner vers la couleur. Et bien sagement, rentrer chez nos parents pour assister au repas dominicaux. Ce qu’il ne faut pas faire pour se donner des frissons …..

(ici, version 2015)

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4 août 2016 4 04 /08 /août /2016 06:04

De nous tous, c’est Laurent qui grattait le mieux…. C’est dans le groupe, lui qui jouait de la guitare , nous on chantait, moi je beuglait. Lui jouait de la guitare et les filles en étaient dingues .

La Samba de Lavilliers faisait partie de son répertoire et à chaque soirée il aimait la jouer. Nous étions toute une bande constituée au Lycée, et nous passions nos samedis soirs ensemble. Nous rêvions de grands destins et nous nous contentions de notre quotidien.

On ne devrait jamais s’éloigner de nos rêves ni les oublier. J’ai revu P. un jour, qui m’a fait une confidence : « je ne suis pas heureux dans cette vie-là ». Pourtant il a les signes d’une réussite : femme, enfants , maison…. Tout le confort d’une vie moderne comme dirait une pub. Que lui manque-t-il ?

Nous passions nos samedis soirs à trouver un endroit sympa, au bord de la Cèze ( même en hiver), on se tenait chaud, on avait ce rendez-vous hebdomadaire et on y tenait. Bien sûr, comme dans toutes les bandes, il y a eu des histoires de cœur, de ruptures, de coup de gueule, mais jamais nous nous sommes séparés. C’est le temps qui nous dispersé , je ne cultive aucune nostalgie, je trouve simplement que ce fut un bon temps. Et que j’aimerai bien les revoir, tous, l’espace d’une soirée, gratter la guitare, chanter, rire, partager.

Et pourquoi pas danser La Samba…

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29 juillet 2016 5 29 /07 /juillet /2016 18:08

Cette chanson était plus gai que moi en boite…..

Quand nous partions avec D., il fallait toujours s’arrêter devant un petit bouiboui qui se trouvait derrière la mairie d’Avignon au début de la descente dans la virgule . Il saluait la maman d’un jeune homme décédé du Sida. Il était grand, l’air toujours intimidé, portait un foulard de soie autour du cou et s’habillait « à l’ancienne ». Il relevait une mèche blonde de devant ses yeux, ne dansait jamais . Ces année-là, étaient une hécatombe.

Les Parfums de sa vie, chanson d’Art Mengo était un incontournable de cette boite, cette mélodie lente était finalement était le reflet de l’époque.

Et il me reviens en mémoire :

G. était assis tout au fond de la salle, la dernière place du bar ; il scrutait les entrées à la recherche d’un visage connu. Il était décharné : une minuscule peau blanche enveloppait son squelette et seuls ses yeux bleus était une preuve de vie, ils étaient clairs, chaleureux, comme lors de notre rencontre. Il m’a étreint longuement, nous avons parlé longuement, il souriait d’un large sourire, comme quelqu’un d’heureux. Il ne m’a pas parlé de ses traitements, il m’a simplement dit qu’il avait une permission de l’hôpital. Je me rappelais des médicaments dissimulés dans l’armoire à pharmacie de sa salle de bain, derrière des produits cosmétique. Et il y avait ces regards fuyants, de simples hochements de tête pour le saluer. Il faisait un effort colossal pour se tenir droit.

On m’a demandé quand il est parti : « tu l’as embrassé ? T’as pas peur d’attraper le Sida ? ».

Je ne m’étais même pas posé la question, pour tout dire ce n’était pas le Sida que j’ai embrassé ce soir-là, mais G. ….et ce fut la dernière fois.

Les Parfums de sa vie, c’est aussi ce souvenir-là.

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21 juillet 2016 4 21 /07 /juillet /2016 10:23

Avril était doux, et nous avions ouvert à demi la fenêtre pour sentir un léger courant d’air et chasser les odeurs de fumée de cigarette.

Je t’ai pris la main , sans parler, j’ai remonté mes doigts le long de ton bras. Ta peau était douce, lisse, transparente. Je n’ai jamais plus retrouvé cette douceur après, jamais plus. L’air diffusait autours de nous des parfums de printemps, dans l’air tout paraissait immobile. Nous vivions un moment hors du temps, en apesanteur même si mon cœur battait trop fort pour ne pas l’entendre et me ramener sur terre.

Et j’ai effleuré ta joue, comme on caresse une fleur, avec soin. Et mon visage s’est approché du tien , je sentais ta respiration lente et impatiente, presque à l’arrêt.

Et ce fut le goût de tes lèvres sur le miennes, quelque de chose de chaud, quelque chose qui ne ressemblait à rien d’autre, le début d’une autre aventure qui rendait fragile notre histoire.

Et cette musique en sourdine de Klaus Nomi que nous écoutions en boucle : I wasting my time….

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14 juillet 2016 4 14 /07 /juillet /2016 09:30

Quand on était gamin, l’an 2000 était plus qu’une date : c’était de la science-fiction. Tout allait être possible : voyager dans l’espace, plus de voitures mais des machines volantes, la télé transportation etc… C’était aussi les grandes espérances sur l’Europe : plus de frontières, les mêmes avantages sociaux pour tous, une langue commune et une paix certaine dans un monde bipolaire.

Quand Fade to Grey de Visage est sorti, j’étais convaincu que la musique de l’an 2000 ce serait ça : des sons électroniques et des rythmes planants. Fade to Grey signait une révolution parce que cette musique me transportait. Quand robert Miles en 1996 sort Children, je suis aux anges, enfin une promesse d’enfance qui est tenue… parce que pour les reste… l’Europe a été confisquée par une administration lourde et éloignée des réalités, pas d’Espranto et les avantages sociaux ont disparus dans les méandres de marchandage de tapis (même pas volant !).

Voyager , se télé transporter, je vais apprendre à le faire, très vite, cela s’appelle : rêver. Pessoa écrivait ; « je ne suis pas un rêveur, je suis un rêveur uniquement », c’est la seule vérité qui nous échoit : l’illimité du rêve, ne pas se cogner aux parois invisible de ce qui n’est que possible ou de ce qu’on t’impose.

Finalement, on en a fini avec l’n 2000 en 1999 : c’était surtout des phantasmes de gosse.

Fermez les yeux et écoutez Fade to Grey et laissez-vous surprendre

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12 juillet 2016 2 12 /07 /juillet /2016 07:48
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  • C'est dans la profondeur du quotidien que l'on découvre l'extraordinaire c'est en partant de cette citation que je vous propose de m'accompagner sur un chemin...
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