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15 février 2022 2 15 /02 /février /2022 06:50
La dernière de Schubert

« Vous avez une tête à aimer Schubert », Olivier Bellamy me recommande à la librairie de la Folle Journée de lire « Un hiver avec Schubert » alors que j’hésitais entre plusieurs ouvrages.  Quelques année plus trad, j’assiste au concert d’Anne Queffelec qui donne la sonate 23, l’ultime sonate de Schubert.

Ce qui m’a surpris , ce n’est pas le choix du compositeur d’écrire une sonate en trois mouvements dont le dernier propose pas moins de six variations ; ce qui m’a surpris, fut les silences. Plusieurs fois la musique s’interrompt, une pause, ou un demi-pause, elles obligent les auditeurs à être attentifs. La puissance de cette sonate réside dans ces ruptures qui démontrent que Schubert hésite, n’arrive jamais à atteindre un absolu, veut se libérer et doute. Une incapacité à être heureux diront certains, une recherche perpétuelle à trouver une lumière pour d’autres. Mais je ne suis pas musicologue, je ne peux que retranscrire une émotion, ce qu’il reste de cette écoute.
Complexe, cette sonate met en évidence un truc tout bête : c’est le silence, par ces ruptures , qui porte la musique. On écoute mieux quand la parole est rare, l’inverse de ce qu’est devenu notre société où le besoin d’exister est devenu un tintamarre inaudible. Ce n’est pas le flux qui compte, mais son intérêt. On confond bien souvent ce qui est imposant avec ce qui est important, cette confusion alimentée par les réseaux sociaux, a fait de notre monde une pipelette écervelée qui nous saoule de ce flot incessant. A moins que ne ce soit , le but secret des bavards : nous saouler pour nous lobotomiser.

Pour terminer, la dernière sonate de ce compositeur tourmenté m’a séduit, la dernière symphonie m’a emballé. Manque-t-il ce fameux dernier mouvement à cette symphonie ? Et bien non, l’auditeur reste suspendu à un autre silence, laissant son imagination terminer cette œuvre ou tout simplement, ne pas l'achever pour atteindre la plénitude.  
 Il est temps d’écouter les silences de  Schubert.

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