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8 décembre 2022 4 08 /12 /décembre /2022 15:35
Les Clochettes de Noël et les yeux de mon père

Ses yeux sont plus calmes, il est plus cool le père, surtout avec ses petits-enfants. Ses yeux sont délavés, ils sont devenus gris tendre. Autrefois, j'avais peur de ses yeux acier, quand il n’était pas content, ou en colère contre nous, "fallait bien vous tenir" se contente-t-il de dire désormais quand on évoque le passé. Nous étions une fratrie plutôt « remuante » comme disait maman, et il fallait parfois, surtout pendant les vacances, remettre de l’ordre dans nos disputes.

Même il s’en défend, mon père cède plus facilement, plaisante et s’amuse avec ses petits-enfants. Je ne l'ai jamais vu comme cela pendant mon enfance. A vrai dire avec mon frère et mes sœurs, on le trouvait un peu dur, trop parfois, injuste toujours quand il nous refusait une sortie ou tout simplement recevoir un camarade d'école à la maison.
Pour Noël, cette année, je suis venu plus tôt que d'habitude. Mon père est bloqué par un lumbago et il doit ranger sa cabane à outils qui va bientôt disparaître au profit d'un petit chalet pour les petits enfants. C'est sa surprise de Noël ; mais bloqué comme il est, impossible de bouger. Alors maman m'a demandé de venir l'aider. Un peu jaloux de cette surprise pour les petits enfants, j'ai consenti à déménager cette foutue cabane à outils qui nous était strictement interdit d'y rentrer sous peine de punitions. 

C'est bête à dire, mais Noël ramène toujours en enfance et en transportant les outils de la cabane au garage, je me souvins d'un Noël où nous étions partis à la recherche du Père Noël dans tout le quartier. On entendait les clochettes mais impossible de le voir. Pourtant, avec mon frère et mes sœurs, on l'entendait, on courrait puis, arrivés près du lieu où nous étions sûrs de le surprendre, les clochettes tintaient plus loin. Le mystère resta entier, et il nous est arrivé plus tard de l'évoquer entre nous, pensant être victimes d'une hallucination auditive collective. 

La cabane enfin débarrassée, je donne un bon coup de balai son démantèlement. Sous l’établi voué à disparaitre, le balai bute contre un objet sonore. Je me baisse pour le récupérer et je me retrouve nez à nez avec trois petites cloches reliées ensemble par une ficelle. Intrigué, je secoue cette poussiéreuse découverte.  Au son, je comprends vite que les clochettes entendues ce fameux soir de Noël sont entre mes mains. Soudain, les yeux aciers de mon père se font plus affectueux dans mes souvenirs, c'est curieux qu'un détail puisse modifier la perception de ce que nous avons vécu et transformer jusqu'à la réalité d'aujourd'hui. 
Je décide de jouer avec mon père en lui rapportant les clochettes. Devant l'objet qu'il manie avec précaution, il fait une moue d'incompréhension : « Non, ça ne me dit rien... » Je lui raconte ce fameux Noël avec les clochettes que nous poursuivons, mais rien dans son visage ne semble le perturber.
Agacé je finis par lâcher :
« Mais enfin, à qui appartiennent ces clochettes ? ».
Mon père se lève et, en me fixant droit dans les yeux, souffle malicieusement :
« Ben au Père Noël !  A qui veux-tu qu'elles soient ! »

Sidéré par sa réponse, je vois pour la première fois, briller dans les yeux de mon père, un peu d'enfance, un peu de ce qu'on appelle la magie de Noël…

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4 décembre 2022 7 04 /12 /décembre /2022 09:46
Rien à f......

Les réseaux sociaux ne sont finalement que la caricature de notre société. Je ne sais plus si je dois en rire ou si je dois m'inquiéter de l'état de mort cérébrale de notre civilisation.
Il y a ceux qui parlent, ceux agissent et ceux qui créent. 
Ceux qui parlent sont toujours des victimes, des pleurnichards qui étalent leurs misères à tout le monde, jamais responsables mais toujours mordants pour vous culpabiliser de votre bien-être.
Ceux qui agissent sont radicaux, il ne peut y avoir de confrontations si il y a nuance des propos de ses adversaires, les arguments sont devenus des slogans, les prêts à penser de ceux qui ne veulent pas réfléchir.
Et puis, il y a ceux qui créent, ils ne sont ni au-dessus de la mêlée, ni à part, en fait ils ne s'en foutent pas :  ils ont inventé leur monde où chacun s'exprime et à la fin, c'est eux qui ont raison sans agresser les autres.

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4 décembre 2022 7 04 /12 /décembre /2022 09:03
Vanille de Lia Nauleau : une prison pour sortir du placard

Lia m'avait prévenue de son retard et voila que nous nous retrouvons au Lieu Unique en avance. La démarche volontaire, le sourire amical et le regard franc. Lia dépose son livre, Vanille, sur la table.
Pourquoi Vanille ? Parce que " la vanille est à la pâtisserie ce que le sel est à la cuisine". Je sens que je vais le régaler, moi qui suis gourmand.
Vanille c'est l'histoire d'une femme qui est née dans un corps d'homme et qui s'ennuie dans son quotidien, seule la pâtisserie et la vie avec sa maman  semblent lui donner un peu de baume au cœur. Mais un soir, Vanille entre dans un cabaret et se voit proposer un drôle de "stage" qui se révèle être un piège : personne ne sort de cet endroit, tenu d'une main de fer par Madame et son sbire Nanny. Et c'est dans cette prison, que Vanille va naître car elle va vivre enfin sa féminité.
Roman digne d'un film d'Almodovar, la famille de ce cabaret est exclusivement composée de femmes en devenir. Histoire de sororité, d'identité, jalousie, amour, humour, le lecteur accompagne Vanille avec jubilation, émotion et frisson. Lia Nauleau a le don de nous embarquer dans une histoire où le genre se révèle. Vanille est un bon moment de lecture, un réconfort pour celles et ceux qui trop souvent n'osent pas vivre leur vraie vie.

Lia est une autrice engagée mais une passionaria : elle ne cherche pas à sauver le monde, elle tente simplement de rendre heureux ceux qui en ont besoin. Et c'est en cela, que Vanille/Lia, sont de belles personnes !

Vanille, Editions 2L, 20€

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1 décembre 2022 4 01 /12 /décembre /2022 14:11
Les pépites de Montreuil 2022

Le salon de Montreuil vient de se terminer avec son palmarès dont Maldoror est primé. J'ai lu pour 20Minutes j'ai lu quelques livres pour vous, je vous propose les fiches parues dans 20Minutes, peut-être une aide dans le choix de vos cadeaux de Noël...

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25 novembre 2022 5 25 /11 /novembre /2022 15:49
Liberté Egalité Nudité

S.Weil a écrit dans son sublime « La pesanteur et la grâce » qu’il « faut vivre nu » . La nudité d’esprit est la condition pour accueillir chaque chose comme une nouveauté, abolir les préjugés, être vierge de toutes pensées qui pourraient affecter notre appréciation. Et si on passait de la théorie à la pratique ? Prenons la nudité au pied de la lettre, déshabillons-nous, dessapons-nous pour vivre pleinement l’instant présent.

D’abord la nudité permet d’abattre les barrières sociales. Les vêtements sont des signes distinctifs de classes, suivant notre milieu, notre niveau, nos revenus, nous nous habillons différemment  pour marquer une appartenance , par habitude de vie. Être nu est le premier pas vers une égalité  si chère à notre pays, la nudité est une leçon de  laïcité sociale.

Qui d’entre nous n'a jamais pris de plaisir à nager nu ? Non, allez-y, personne ne vous regarde ou vous épie, soyez franc pour une fois… Avouez que cette liberté du corps dans une baignoire, dans une piscine ou dans l’immensité de l’océan, c’est plutôt plaisant . Être nu c’est être libre de ses mouvements sans entrave d’un jeans trop serré, d’un maillot de bain trop lâche, d’un tee-shirt trop court ou d’un pull trop long qui se prend dans la fermeture éclair du blouson, engoncé l’hiver sans possibilité de se mouvoir, trop habillé l’été pour ne pas suer.

Être nu ça dérange parce souvent on associe la nudité à la sexualité . Réduire son corps à la simple fonction sexuelle, c’est limiter son corps au plaisir de l’autre et non à la satisfaction de soi. Être nu, c’est accepter d’être vu par l’autre, nu également, comme une personne à part entière : c’est quand tout est dévoilé que l’essentiel s’exprime.

Pour vivre heureux, vivons à poil !

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17 novembre 2022 4 17 /11 /novembre /2022 15:51
Y'aura t-il de la pénurie de pénuries dans les JT à Noël ?

Depuis septembre, avec une mine presque réjouie de nous faire peur ou de tomber dans une psychose qui alimenterait leur propre JT, les journalistes listent les pénuries avec cette inquiétude : allons-nous survivre à un Noël qui s’annonce dans le dénuement le plus total, bref, allons-nous nous retrouver aussi nu que le petit Jésus dans la crèche….

Je me demande quelle est la motivation d’une telle démarche, quel est l’intérêt de faire peur aux français . Naïvement je pensais que les chaînes de télé se devaient de proposer des cerveaux disponibles pour vendre des espaces de publicité. Peut-être qu’à force d’inonder les ondes de programmes spectacles, ils ont fini par nous décérébrer . Donc en l’absence d’intelligence, reste l’instinct, la peur irrationnelle  en fait partie. A défaut de parler à nos intelligences, l’hystérie journalistique s’adresse à nos peurs.
Avoir peur suscite l’instinct de survie, le téléspectateur , bien calé dans son sofa, chauffage à 19° (selon les recommandations officielles pour sauver la planète ou ne pas abuser de nos ressources énergétiques ou par soucis de ne pas ramollir nos muscles et voir fondre notre compte en banque), se rassure paradoxalement dans une situation anxiogène car il arrive à surmonter les obstacles et trouve dans son supermarché les produits qui sont ou seront introuvables. La peur révèle le super héros qui sommeille en nous ( n’exagérons pas trop quand même : trouver des bonnes affaires dans un supermarché n’est en rien un acte de bravoure. J’dis ça , j’dis rien).

Autre explication : la catharsis. Faut pas croire, je JT est un outil thérapeutique : par la diffusion de la peur, le quidam  extériorise ses émotions et postule des solutions . L’ennemie ne serait donc pas la peur en elle-même, mais la léthargie qui prend naissance dans le confort. Mais je ne suis pas certain que dans les rédactions, on va aussi loin dans la réflexion.

Ce qui est à craindre désormais,  c’est la pénurie de sujets sur les pénuries. Que vont devenir nos JT sans mauvaises nouvelles ? Et nous, qu’allons nous devenir sans reportages anxiogènes ?

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14 novembre 2022 1 14 /11 /novembre /2022 06:52

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21 octobre 2022 5 21 /10 /octobre /2022 15:14

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21 octobre 2022 5 21 /10 /octobre /2022 15:09
J'ai dû louper quelque chose.....

Dernièrement, un ami me faisait remarquer que les publicités pour les voitures de luxe ciblaient en priorité les jeunes. Or, dans les années 80-90, le jeune était la cible des petites voitures, sportives ou citadines, adaptées pour une conduite de débutant et un budget  .
Maintenant, l’heure du bling bling a sonné, exit les petites voitures, il faut être branché : vacances club, appartement terrasse, bagnole de luxe, mobilier Ikéa, se faire livrer de la bouffe qu’on peut se préparer chez soi, bref, pour les publicitaires, le jeune moyen doit avoir le pouvoir d’achat d’un  cadre supérieur en fin de carrière. Comment alors ne pas se poser la question en période d’inflation : sont-ce les prix qui augmentent ou le désir de consommation ? Quels sont les rêves des jeunes si on leur fait croire qu’ils doivent tout avoir et tout de suite , comment ne pas comprendre que certains refusent de bosser car le salaire ne correspond pas à leur mode de consommation ? Et, pour la grande majorité, comment appréhender la frustration de ne pas avoir quand ils pensent que le modèle de réussite est justement d’avoir ?

Complexe de répondre à toute cette problématique car d’un côté l’envie de  confort est tout à fait légitime, le désir de posséder et de surconsommer pose question. La semaine dernière il y a eu une manifestation sur deux thématiques : défense du pouvoir d’achat et lutte contre le réchauffement climatique. Vouloir gagner plus pour consommer plus et donc en conséquence, accélérer le réchauffement climatique Je schématise et caricature bien sûr, mais nous savons qu’il existe un lien entre la consommation et le climat, les deux thématiques accolées, m’ont fait tiquer, surtout émanant d’un groupe de gauche ( dont je me revendique en tant qu’électeur) qui dénonce un système capitaliste tout en demandant de meilleurs moyens pour le faire vivre. J’aurai aimer une manif sur un changement de société au lieu d’une dénonciation de société .

Si la pub cible la surconsommation, la politique soigne la démagogie quitte à s’arranger avec les convictions, l’électeur passant facilement d’un bord à l’autre .

J’ai du louper un truc moi dernièrement…. Ou alors je ne suis plus à ma place dans cette époque

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18 octobre 2022 2 18 /10 /octobre /2022 05:47

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