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19 mai 2022 4 19 /05 /mai /2022 13:39
Le mois des fiertés

Le nombre des agressions homophobes est en hausse. Depuis le Mariage pour Tous, on aurait imaginé, aimé, que l’acceptation légale des couples de même sexe serait porteur d’une intégration. Il n’en est rien car depuis 2013, la parole haineuse s’est décomplexée. La faute n’est pas à mettre sur le dos des réseaux sociaux, certes ils ont facilité la propagation d’idées pas toujours intelligentes, ils ont surtout contribué à croire que ce que l’on dit est tenu pour vérité, parce que la limite des réseaux sociaux est la non-confrontation avec celui qui est différent de nous. La confusion serait de penser que les petits comités de complaisance sont les parties émergées des communautés silencieuses et  majoritaires. Cependant, auparavant, il n’y avait pas d’homophobes radicaux, il n’y avait que des badauds. Aujourd’hui l’homophobie prend racine dans la religion , le nationalisme ou autres ubuesques complotismes.  

On nous a souvent reproché nos bars, nos discothèques, nos lieux estampillés arc en ciel et le fait que ces lieux nous isolaient des autres. Reprocherait-on à un végétarien de ne pas aller dans un restaurant de viande ? Il est plus facile , voire moins dangereux, pour un garçon  de draguer un autre garçon dans un bar gay que dans des tribunes de supporters de foot chauffées à blanc ! On ne battit rien sur la haine de l’autre ou sur l’acceptation forcée. Il n’y a plus de fraternité ou ce que l’on appelle maintenant pudiquement «  le vivre ensemble » . Il n’y a plus d’effort pour supporter l’autre, celui qui est différent, on pense qu’il faut absolument avoir une opinion sur tout et tous, sans filtre, sans discernement.
La Gay Pride est salutaire parce qu’elle rappelle à tous que la différence doit être festive et non mortifère, que dans un pays démocratique et libre comme le nôtre, on a le droit – et c’est légal- d’aimer et de vivre suivant nos aspirations ou notre personnalité. Nous n’avons pas choisi d’être gay, mais nous avons décidé de le vivre ouvertement. Et montrer que cette possibilité n’est en aucun cas une exubérance mais bel et bien une liberté individuelle qui ne menace pas la liberté collective.

Bon mois des fiertés à nous tous et toutes !

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18 mai 2022 3 18 /05 /mai /2022 06:08
Vaincre la morosité : une prescription de 5 livres

L’actualité nous donne plusieurs occasions de tirer la gueule et de développer nos angoisses. Pour ne pas sombrer dans la morosité et les anxiolytiques, le remède efficace est la lecture. Pas n’importe quelle lecture, celle qui fait du bien, de la romance, du feel-good !

 Allons crescendo, commençons par un roman qui fait du bien par son humanité : Les Désarrois du BonheurEvelyne Chamaillé nous embarque dans  l’univers d’une romancière en panne d’inspiration qui va rencontrer un jeune sdf. Elle ne sait pas que sa vie va être bouleversée par cette rencontre. Une écriture  qui parle directement au cœur entre histoire de couple, histoire d’amour et problème de société, Evelyne Chamaillé couche sur papier ce qu’elle est dans le vie : de la générosité et de la bienveillance. Un livre à s’offrir pour partir en vacances.
Autre plume touchante, Cathy Borie avec Ana. Deux histoires de femmes qui ne se connaissent pas et pourtant sont liées : Ana est la fille de Clotilde qui l’a abandonnée . Deux errances dans une ville où on peut se croiser sans jamais se reconnaitre. Ce livre décortique les relations humaines sans jamais tomber dans le pathos ou la facilité. Cathy Borie ne cherche pas à démontrer les qualités humaines, elle les met en scène et laisse le lecteur juge de ses émotions.
Dans le registre feel-good, pour parler français, il y en a bien un qui retire brillamment son épingle du jeu : Fabien Muller. Si vous cherchez l’exemple type du feel-good, foncez acheter Juste après la Pluie . Tous les ingrédients savamment dosés donnent un bon plat, les gourmets seront d’accord sur ce constat, le livre de Fabien Muller ne déroge pas à cette recette : un cadre supérieur imbus de sa personne, un brin cynique, une jeune femme timide et gaffeuse, de l’humour à profusion, de la romance ( vont-ils se rencontrer un jour ?) , des situations insolites et des réflexions à provoquer des fous-rires ; ce livre est un concentré de bonne humeur à dévorer même en plein régime !

Comment ne pas parler de la pétillante Lydia Mirdjanian qui vous entraine dans son quotidien professionnel où rien ne se passe comme il le faudrait. Le Boulot, ça me Travaille est un tourbillon dans lequel ,son héroïne essaye de survivre dans une petite société où elle est employée au service commercial. Entre petites trahisons des collègues, des fournisseurs en manque de stock, des clients pressés, il y a de quoi aller tout droit au burn out  , mais Lydia Mirdjanian enrobe le tout de sa bonne humeur coutumière et rend la corvée du travail en pièce de théâtre irrésistible ! Ce livre devrait être obligatoire avant de rentrer dans la vie active….
Pour terminer, l’auteur déjanté le plus doué de sa génération  : Johann Zarca. Coécrit avec Romain TernauxSuccess Story est un livre à ne pas mettre entre toutes les mains : une prof plutôt antipathique , retrouve une ancienne camarade de lycée qui va l’initier à la drogue. Changement radical pour cette aigrie de la vie qui va se révéler sous des aspects très inattendues. Fouillez la biographie de cet auteur, Johann Zarca  est prolixe, underground et politiquement incorrect, on aime sa manière d’aborder ses personnages sans complaisance ni artifice : c’est brut de pomme et c’est meilleur que le cidre !

 L’été pointe sa frimousse, n’oubliez pas de partir en vacances avec un livre qui fait du bien, oubliez les livres dits sérieux ou franchement ennuyeux mais qu’il faut lire pour être dans le coup. La gravité est l’affaire des imbéciles, laissez-les mourir à petit feu et laissez vous aller…. C’est tellement mieux !

 

Le Désarrois du Bonheur d’Evelyne Chamaillé aux éditions The Bookeditions
Ana de Cathy Borie aux éditions Tohu-Bohu
Juste après la Pluie de Fabien Muller aux éditons Youboox
Le Boulot ça me travaille de Lydia Mirdjanian aux éditions Spinelle
Succès Story  de Johan Zarca et Romain Ternaux aux éditions de la Goutte d’Or

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9 mai 2022 1 09 /05 /mai /2022 06:00
 La haine, plus que l'amour, ça occupe 

Qui se souvient de cette phrase tirée de «  Vipère au poing »  de Hervé Bazin : La haine, plus que l'amour, ça occupe ?
Les élections ont vu déferler une haine d'une rare violence sur les réseaux sociaux mais aussi dans la rue au soir des résultats . Nous avons crée une société qui est hors contrôle, qui se croit tout permis : menacer, casser, injurier, intimider pour imposer son propre point de vue, reléguant l’opinion ou les conviction des autres , de la majorité, de larbins du pouvoir ou de moutons. Il n’y a pas pire larbin que celui qui est prisonnier de ses propres croyances.
Il y a du Poutine en chacun de nous quand nous sommes convaincus d’avoir raison contre tous. Au final, ce n’est pas la guerre nucléaire qui est dangereuse, mais nous même,  qui déchargeons nos petites colères infantiles sans vergogne , presqu’à se rouler par terre comme les enfants capricieux. Il n’y a plus d’adultes et au fond, nous avons les hommes politiques que nous méritons parce que nous méritons par notre comportement lamentable ; nous héritons aux élections  des politiques au raz des pâquerettes puis que telle est devenue aujourd’hui notre conscience politique.

 

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5 mai 2022 4 05 /05 /mai /2022 06:41
Entendu dans le tram

Dans le tram samedi, bavardage entre mon ami et moi:
Moi - J'aimerais bien un jour être au volant d'une Porsche .
Lui - Une Porsche ? Mais tu n'aimes pas la vitesse !
Moi - Ouais, je sais, mais juste comme ça, être au volant de cette bagnole
Lui - Pour faire quoi alors ? Un créneau ?
Moi - Pfft, quand t'as une Porsche, tu fais pas de créneau, tu te gares où tu veux

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28 avril 2022 4 28 /04 /avril /2022 13:31
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20 avril 2022 3 20 /04 /avril /2022 06:07
La frustration du forfait illimité

Je me demande si les forfaits illimités n’ont pas transformé de paisibles citoyens en capricieux et oisifs consommateurs. Habitués à ne pas être limités et avoir tout, tout de suite, le forfait illimité a fabriqué une génération de consommateurs qui ne comprennent pas la frustration parce qu’ils ne connaissent pas la manque.   Mais la frustration n’est pas un empêchement à l’épanouissement, bien au contraire : elle est source de création. Quand on veut quelque chose, on doit contourner les obstacles, inventer, innover. Le confort paresse même les êtres les plus imaginatifs.

Je me souviens d’une Pentecôte sans argent, sans moyen de transport, et terriblement frustré de ne pas assister à la féria de Nîmes. Mon torero préféré à l’époque était Enrique Ponce. Résigné à rester dans ma chambre malgré le beau temps, j’ai allumé la radio et fermé les yeux . J’écoutais le journaliste commenter les faenas, en direct , plissant les yeux encore un peu plus quand je butais sur un therme trop technique ou inconnu. Je suivais le déroulé de la corrida quand soudain, il y eut un silence. J’ai cru un instant que ma radio était en panne. Les arènes de Nîmes étaient plongées dans ce silence que seuls les aficionados connaissent, celle de l’estocade. Mais Enrique Ponce s’était éloigné du site, hors de portée donc du toro qu’il combattait. Que se passait-il ? Une clameur immédiatement après s'éleva dans le poste, le journaliste hurla  « recibiendo ! »  et mon imagination s’est rejoué sans l’avoir vu, ce recibiendo plusieurs fois d’affilé. J’avais vécu un moment intense, un moment partagé avec ce public si loin de moi. Ma frustration s’était évaporée devant l’excitation de  l’événement.
Mon imagination avait pris le relais de ma frustration qui aurait pu à ce moment là se transformer en colère. La transmutation n’est pas que physique, le changement de nature est à portée de nous si on veut bien mettre de côté la violence du manque et transformer le victimaire en formidable dynamique.

 

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20 avril 2022 3 20 /04 /avril /2022 06:03
Vierge Jurée : la dure loi des hommes des Balkans

Vierge jurée de René Karabash

 

En Albanie, pour échapper à un mariage arrangé, Bekia veut devenir une Ostaïntsa, Vierge Jurée, Mourash le père sait qu’il y aura une vengeance de la famille du fiancé avec qui il s’est engagé. Bekia doit désigner une victime dans sa famille pour la vendetta, elle propose alors son frère Salé en sacrifice, or, il disparait laissant son père face à la mort.
 

Jeune poétesse, romancière et comédienne, René Karabash propose un livre d’une grande puissance à la fois narrative et poétique : Bekia/Matia est d’abord un fils qu’aurait voulu le père et le drame de la famille puisque des jumeaux de la grossesse seule la fille naitra.
 C’est un combat pour elle en tant que femme pour pouvoir exister. Elle fait tout pour avoir l’admiration de son père et s’attire in fine ses foudres : «  la main de mon père en suspens au-dessus de moi comme un oiseau de proie, les jupes de ma mère flottant dans l'air, soulevées par le vent de sa main, la pendule s'arrête, il ne reste que les cris et la veine qui palpite le front de mon père, je plante  mes yeux dans les siens ».
Magnifiquement écrit, on pense à  Gesuino Némus et sa « Théologie du sanglier » qui revient sans cesse sur une journée particulière dans un village sarde comme la narration de René Karabash qui revient également sur la décision de devenir Ostaïntsa et ses conséquences tragiques. Il y a également du Anne Kawala avec cette manière poétique contemporaine de vivre les instants. Le véritable personnage n’est pas humain, c‘est le Kanun, cette tradition orale qui fait office de loi séculaire, tout est codifié, surtout le droit à la vengeance. : "Le Kanun est ne connaît pas les lois du temps, ma fille, je ne veux pas t’entendre, le mariage est un marché, l’amour une faiblesse, le mariage ne peut pas être défait une fois qu’il a été conclu, donc, fais preuve d’intelligence"
L’héroïne n’est pas une figure de fiction, les Vierges Jurées existent réellement dans le Balkans depuis le XVéme siècle : femmes qui renoncent au genre féminin et à la sexualité, souvent pour remplacer les hommes victimes des nombreuses vengeances familiale, quelques fois  pour se soustraire à un mariage arrangé, parfois pour pouvoir vivre leur homosexualité.
Ce livre est un chant d’amour à l’Albanie d’abord malgré le contexte rude et rustre ,  et ensuite ,entre deux âmes sœurs que rien ni personne ne pourra séparer : "C'est ce que nous étions et l'on pourrait décrire plus joliment le rituel de réconciliation entre nos âmes, tard le soir et tôt le matin, quand les aiguilles sortent de leurs montres et que le temps n'est plus qu'un détail, un bouton sur le visage de la planète dont je cesse de croire qu'elle tourne lorsque je contemple tes yeux. "

Ce livre est déjà un classique en Albanie....

 

Vierge Jurée de René Karabash
Traduction de Marie Vrinat-Nikolov

Editions de Belleville (Avril 2022) 18 €

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14 avril 2022 4 14 /04 /avril /2022 09:11
Les moutons et les loups

Un mouton n’a forcément pas à vocation de devenir un loup. Je n’ai jamais eu l’ambition de devenir un prédateur et d’exploiter autrui. Rassurez-vous, ce n’est pas par sagesse ou manque d’aspiration mais je tiens plus à la tranquillité qu’à la convoitise.
Chez les uns on appelle « troupeau » , chez les autres « meute », le point commun est le fait de ne pas être solitaire pour survivre.

Mais dans la meute, il faut un chef. Et chacun veut la place du chef. Qu’est ce qu’un chef sinon exploiter les faiblesses des autres par l’intimidation ou l’admiration ?  Trop de boulot pour moi, je n’en ai pas l’étoffe et puis pour tout dire, se donner le beau rôle nécessite une part d’appétence qui disparaît dès qu’on parle d’effort. Parce qu’être un prédateur, est un boulot à plein temps, il faut être sur ses gardes en permanence, d’autres convoitent la place, quand on est dans une meute, manger à sa faim ne suffit pas toujours, il faut aussi se méfier des alliances opportunistes.

Et franchement, je n’ai pas de temps à perdre.

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14 avril 2022 4 14 /04 /avril /2022 09:06
Il s'en va

Il restait là en silence sur le trottoir guettant ma réaction. Il m’avait parlé de sa nouvelle vie, de ce bouleversement de vie à deux. Il l’avait postulé comme on parle en hiver des vacances d’été, un projet floue mais qui maintient éveillé. Puis  , à force de regarder les autres, il pensait que c’était ça, la vie, qu’il y  avait un schéma à suivre, ou une piste à travers les broussailles et les pièges sur les  chemins escarpés. Et enfin, il fallait que ce soit une réalité, pour être comme les autres, pour avoir une direction, se référer ou se rattacher à un modèle , ne plus vivre à l’aveugle, tâtonnant entre ses incertitudes et les certitudes des autres. Il lui fallait un cap.

Je ne savais pas si je devais partager sa joie ou pleurer ma peine. J’avais mis trop de temps avant de me décider, puis j’avais renoncer préférant une amitié fragile qu’une déclaration dévastatrice. Attendait-il quelque chose de ma part ou ses silences étaient parfois mal interprétés, transformés par me envies de lui ?

Il repartait , le pas plein de bonne humeur, insouciant comme un collégien amoureux. Et moi je reprenais ma marche, plus lourde, plus pesante, gardant chaque mots de notre conversation , précautionneusement, pour les disséquer et débusquer une faille, une simple interstice qui pourrait devenir  un gouffre. Ma seule espérance de le retenir était de parier sur un échec.

L’amour est égoïste…

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10 avril 2022 7 10 /04 /avril /2022 08:44
A voté !

Certains pensent que c’est une mascarade et n’iront pas voter, et il y a ceux qui iront par devoir, par conviction. Il y a ceux qui iront à reculons ou avec enthousiasme, ceux qui pensent que c’est une démarche citoyenne, d’autres par tradition. Il y a des votes contestataires, des votes utiles, des votes par dépit ou d’espérances. Il y a autant de votes différents que d’électeurs et d’électrices.
Il est plus facile de railler la démocratie que de la faire vivre, alors, j’irai voter.
Je me souviens d’une de mes premières  élections , ma mère avait souhaité que nous allions en famille parce que, disait-elle : «  il faut montrer que nos voix comptent ». Je me souviens aussi d’une intercalation – fougue de jeunesse….- avec un représentant d’un parti extrémiste qui m’a promis de me retrouver ( je l’attends toujours). Je me souviens aussi de m’être trompé de bulletin, un lendemain de bringue mémorable et d’interminables discussions et disputes les veilles d’élections.

Est-ce par égo, par illusion pi simplement par habitude,   pour rien au monde, je ne laisserais quelqu’un d’autre s’exprimer à ma place . Alors, j’irai glisser ma voix dans l’urne avec des millions d’autres pour prouver que je ne suis pas encore là, citoyen ni aveugle, ni sourd et surtout pas muet.

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  • C'est dans la profondeur du quotidien que l'on découvre l'extraordinaire c'est en partant de cette citation que je vous propose de m'accompagner sur un chemin...
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